Amar & Isabelle Guillen - Guillenphoto.com - Un voyage sans tôle, ni ferraille
Un voyage sans tôle, ni ferraille.
Février. Nous sommes partis pour un voyage au Bélize et plus particuliérement sur l'île de Ambergris.
Nous sommes toujours dans la phase de découverte de la mer des caraïbes. Après avoir exploré le sud des caraïbes, nous avons décidé de voir l'Amérique Centrale. Nous sommes partis sans à priori. Nous savions juste qu'il y avait un trou bleu, qu'il était beau et que son exploration avait été réalisée par Cousteau en 1972.
Comme nous n'avions jamais vu de trou bleu, c'était l'une des principales raisons de notre voyage. En arrivant, nous nous renseignons auprès du club de plongée du type de plongée qu'il y a à réaliser. Des tombants, des grottes, des canyons, des passes avec des courants...
- Mais où sont les épaves? demande Isabelle un peu inquiète.
- Quelles épaves? Nous répond le responsable du club. Il n'y en pas dans cette région du bélize. Pas de ports proches, donc pas de commerce marin et pas de route maritime majeure au large du Bélize. Donc peu de chance pour que les bateaux coulent...
Nous nous regardons, abasourdis. Pas une seule épave. La fin des haricots...
Nous qui adorons la tôle, qui adorons le contact de la ferraille sous l'eau, nous voilà réduits à prendre en photos des tombants et des canyons. Pas d'histoire de bravoure ou de contrebande à se mettre sous la dent. C'est la première fois que cela nous arrive. Enfin, nous sommes là, il faudra faire avec. On ne peut pas aller ailleurs. Nous avons payé assez cher l'avion pour venir.
Nous décidons de plonger sur la roche. Mais pourquoi tant aimer les épaves nous direz vous? Eh bien, nous ne savons pas nous mêmes, mais la seule chose dont nous soyons sûrs, c'est qu'un voyage de plongée sans ferraille, n'est pas un voyage de plongée complet.
Nous aimons les histoires des bateaux qui ont coulé. Cela nous vient certainement des épaves normandes que nous chérissons tant. Mais quelle émotion de pénétrer dans une cabine de capitaine, ou alors dans la chambre des moteurs!!!!
C'est toujours un moment émouvant de savoir que des personnes ont vécu dans ces endroits, ont rêvé, ont parlé, se sont disputés puis réconciliés. Pour nous, ce sont nos meilleurs moments de plongée. Nous nous renseignons sur la nature des épaves, leurs histoires. C'est un grand moment d'avant et d'après plongée. C'est aussi important que la plongée elle même.
Avez vous eu déjà la sensation de toucher de la ferraille et que des frissons vous parcourent? Eh bien pour nous, pour certaines épaves, c'est tout simplement cela. On sent que le courant passe et qu'il va se produire quelque chose de magique.
En plus les épaves sont bien souvent des lieux de vie et de rassemblement de poissons qu'on ne rencontre pas ailleurs. Quand nous étions à Curaçao nous avons plongé sur une épave avec des tarpons énormes qui montaient la garde. Nous en avons vu d'autres sur les reefs mais rien à voir avec le fait qu'ils soient les gardiens sous marins de l'épave. En plus, une épave c'est calme, monumental, impressionnant...
En tout cas, à Ambergris pas d'épave. Nous étions un peu dépités mais nous avons eu deux superbes guides qui ont fait oublié notre désarroi. Ils nous ont emmené sur des sites poissonneux comme jamais nous n'avions vu. Requins, raies, bancs de gorettes, tortues nous ont fait oublié le manque d'épaves.
Mais la première chose que nous avons en rentrant, c'est de prendre un livre et de rechercher une destination avec des épaves.
Ce sera Key Largo en Floride (aux Etats Unis). Le voyage est déjà réservé pour avril.