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Pourquoi et comment comprendre une photo en deux étapes – Partie 2

Photographie de Antelope Canyon en noir et blanc. Photographie par Amar Guillen, artiste photographe.
Cette photo en noir et blanc de Antelope Canyon peut être interprétée de plusieurs manières.

Étape n°1 : la compréhension visuelle

La compréhension visuelle d’une photo s’appelle la sémiologie de l’image.

Elle s’organise autour de 9 critères très précis.

  1. L’angle de prise de vue et le point de vue. Pour moi c’est le point le plus difficile avec le cadrage. Il s’agit de la position de l’appareil photo par rapport à l’élément photographique principal (aussi appelé le sujet). Si vous photographiez au niveau du sujet, vous allez créer une sensation d’objectivité car tout comme vous le regardeur sera au même niveau que le sujet. Si vous photographiez en contre-plongée, le sujet prendra plus importance. Si vous photographiez en plongée, c’est-à-dire avec votre appareil placé au-dessus du sujet, vous allez l’écraser. Son importance va diminuer car vous donnez l’impression de le dominer.
  2. Le cadrage. Il définit l’ensemble des éléments photographiques que vous allez intégrer dans votre photographie. Vous offrez à votre audience ou au regardeur, une fenêtre sur la scène que vous voulez photographier. Le cadrage peut-être rectangulaire ou carré. Tout va dépendre du type de photos que vous présentez. Si vous choisissez le cadrage rectangulaire, il peut être :
    - Horizontal. Dans ce cas la scène évoque le calme, la quiétude, la distance avec l’élément photographique principal
    - Vertical. Dans ce cas vous montrez une scène proche. C’est un cadrage qui favorise aussi l’action.
  3. La composition. Je vous rappelle que la composition c’est la façon d’organiser les éléments photographiques de manière harmonieuse dans le cadrage choisi.
  4. L’échelle des plans. Elle est purement descriptive. Elle permet de donner au regardeur un référent commun pour une photo. Elle est établie en prenant pour référence l’échelle humaine.
    - Plan général : paysage.
    - Plan d’ensemble : un sujet dans son environnement.
    - Plan moyen : un sujet en pied.
    - Plan américain : un sujet coupé entre le genou et la taille.
    - Plan rapproché : un sujet vivant coupé entre la taille et la poitrine.
    - Gros plan : visage. - Très gros plan : détails d’une face ou d’un visage.
  5. La profondeur. C’est une technique que j’utilise beaucoup dans les photographies animalières environnementales les photos de paysages. Il s’agit de l’existence de plusieurs plans dans une photographie : premier plan, second plan, arrière-plan.
  6. Le hors champ. Le hors champ est une technique créative que vous pouvez utiliser avec des êtres vivants. Le sujet regarde dans une direction donnée autre que vers vous.
    Mais ce qu’il regarde n’est pas dans la scène le champ est défini par l’ensemble de la scène que vous avez choisie de cadrer.
    Le hors champ évoque le questionnement, la suggestion. Il inspire aussi l’introspection.
    Le champ quant à lui, vous permet de fixer le regardeur dans l’espace que vous avez choisi. Le champ vous permet d’orienter le regardeur en lui imposant des limites visuelles.
    Le hors champ vous permet de créer le rêve. Vous donnez l’occasion au regarder de s’interroger. De plus, il peut s’évader hors de la scène et donc de la photo. Visuellement ce sont deux éléments très importants.
  7. La lumière. Pour moi, la lumière est après le décor l’élément le plus important dans la construction d’une scène animalière, d’un paysages ou sous-marine. J’évoque ces trois thèmes photographiques car ce sont ceux que je pratique. Si vous lisez cet article mais que vous évoluez dans d’autres thèmes, vous pouvez avoir vos propres priorités. Dans ce paragraphe, j’évoque aussi bien la lumière naturelle que lumière artificielle. J’utilise ces deux sources aussi bien en photographie sous-marine qu’en photographie animalière, notamment pour les passereaux.
    La lumière permet de montrer des détails, des textures. Mais à mon avis, elle doit surtout être utilisée pour créer du modelé. La lumière crée des ombres qui créent le modelé qui crée le relief et donc les 3 dimensions. N’oubliez jamais que nous essayons toujours, vous et moi, en tant que photographes de montrer le beau, de partager nos états d’âme en figeant un espace en 3 dimensions sur un support à 2 dimensions.
  8. Les couleurs et le noir et blanc. Les couleurs sont utilisées pour représenter le réel. Elles vous permettent de montrer des scènes aussi fidèlement que possible. Si vous utilisez les couleurs, vous essayez d’être le plus objectif possible au cadrage et à la composition près.
    Le noir et blanc est une technique artistique car vous interprétez la scène que vous voyez. Vous montrez des dégradés de gris. Le noir et blanc est une technique créative. Elle vous permet d’aller droit au but, d’être directif.
  9. La tonalité. La tonalité générale d’une photo est son aspect visuel en termes de distribution de tons et des niveaux de gradation entre eux. Il y a trois grands types de tonalité :
    - La tonalité sombre. Dans ce cas la photo est plutôt sombre avec des basses lumières ou des couleurs sombres.
    - La tonalité claire. La photo est plutôt construite avec des hautes lumières ou des couleurs vives.
    - La tonalité neutre. La photo n’est ni sombre ni claire. On appelle aussi tonalité équilibrée.
    La compréhension visuelle de la tonalité vous permet de mieux comprendre l’atmosphère dégagée par une photo. La tonalité est l’un des éléments du langage photographique pour vous exprimer.

Pour résumer cette étape n°1 consacrée à la compréhension visuelle d’une photo, je vous conseille d’apprendre par cœur ces différent critères.

Ainsi lorsque vous serez face à une photo d’un autre photographe et que vous serez inspiré, vous comprendrez pourquoi.

Si vous devez analyser une de vos photos, vous pourrez aussi mieux comprendre et affiner votre démarche photographique.

Une fois cette première étape passée, il ne vous reste plus qu’à passer à la seconde étape : celles que je qualifie de sémantique.

Étape n°2 : la compréhension sémantique

Par définition, la sémantique est l’étude du sens des unités linguistiques et de leur combinaison.

Si j’applique cette définition à la photographie, la sémantique photographique est l’étude du sens et du langage photographique.

J’avais expliqué dans un précédent article que la photographie disposait de son propre langage et de ses propres codes. Ils vous permettent de transmettre vos messages, vos émotions.

Si vous voulez vraiment comprendre une photographie vous devez absolument maîtriser le langage photographique.

Ce langage particulier vous permettra de construire vos photos d’une manière plus constante. Elles seront intéressantes car vous saurez leur donner du sens. Vous pourrez aussi lire les photos des photographes qui vous inspirent.

Comprendre la sémantique d’une photographie, c’est comprendre le sens de son contenu. C’est comprendre pourquoi le photographe a choisi d’assembler les éléments photographiques d’une certaine manière.

Comprendre la sémantique d’une photographie, c’est vous permettre de mieux construire vos propres images. Lorsque vous allez cadrer, composer, choisir un point de vue, vous allez agencer les éléments photographiques de votre scène pour vous exprimer.

Je pense que maintenant, vous commencez à percevoir l’importance de la sémantique photographique pour comprendre les photos que vous avez sous les yeux.

La compréhension sémantique est tout aussi importante que la compréhension sémiologique (visuelle). Si je devais simplifier mon propos je dirais que la compréhension sémiologique est le contenant et que la compréhension sémantique est le contenu d’une photo.

Je reconnais que je ne suis pas capable d’établir un lien ou une relation dialectique entre les deux éléments d’analyse. Je ne sais pas si ce lien existe réellement. Faute de pouvoir apporter des éléments tangibles pour établir une relation entre les deux, je me contenterai de vous proposer les deux étapes de manière distincte.

Pour bien comprendre de manière sémantique une photographie, vous devez faire appel à votre vécu, vos expériences, vos émotions et surtout votre culture photographique.

C’est grâce à cet arsenal de connaissances et d’outils que vous allez pouvoir décrypter le sens des photos.

Je suis certain et je l’ai déjà constaté qu’une lecture simplement émotionnelle ou esthétique d’une image peut conduire à dégager un décryptage intéressant pour une photo. Le problème que j’ai constaté avec cette méthode, c’est qu’il s’agit d’une analyse empirique. Avec le temps, les personnes qui analysent uniquement de cette manière se retrouvent confrontées à un manque d’idées. Les analyses deviennent toujours identiques et redondantes.

Une culture générale photographique large permet d’affiner la compréhension sémantique mais surtout d’établir des processus de création qui en résulteront pour réaliser vos futures images.

Pour conclure ce paragraphe concernant la compréhension sémantique d’une photo je vous conseille d’essayer d’être le plus systématique possible et de faire appel à votre conscience photographique. Mais surtout pensez à utiliser votre culture photographique.

Étude d’un cas : comprendre une photo figurative

La suite de cet article sera publiée vendredi prochain. N'oubliez pas de revenir.

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