Pourquoi photographier le regard d’un animal : 2ème partie

Le regard de cette raie manta traduit la curiosité.
Le regard de cette raie manta traduit la curiosité.

Briser la règle des tiers

Si vous parvenez à créer un contact avec les yeux d’un animal attire immédiatement l’attention du regardeur d’une photographie. Mais les yeux ne seront pas nécessairement sur l’un des points forts de la photo. Ne vous en faites pas, les règles à partir du moment où elles sont maîtrisées sont faites pour être oubliées volontairement.

L’important est d’avoir la ligne du regard très directrice pour guider le regardeur.

Essayez différentes positions ou faites des tests pour déterminer comment vous aimez composer avec les yeux d’un animal.

Si vous essayez de photographier un animal dont le regard est tourné vers le bas, n’hésitez pas à faire un bruit pour attirer son attention et pour qu’il relève la tête. Comme il va être en état d’alerte, le regard va être très concentré.

Photographier à hauteur des yeux

Que ce soit en photographie animalière terrestre ou sous-marine, essayez toujours de photographier à hauteur des yeux : les photographies ont beaucoup plus d’impact car la ligne du regard est très directive.

Il est évident que pour des oiseaux en vol, vous allez devoir photographier en contre plongée. Mais dans ce cas, il est assez rare que vous arriviez à capter le regard des oiseaux.

C’est aussi le cas en photographie sous-marine. La contre-plongée est une technique que vous devez utiliser pour les poissons ou les mammifères marins.

Elle permet de montrer vos sujets de manière plus imposante et de leur donner du volume. Mais n’en faites pas une règle absolue. Mais pour la photographie de petits crustacés ou de poissons, arrangez pour toujours photographier à hauteur des yeux.

De mon point de vue, une photographie en plongée d’un animal sous-marin ou terrestre n’a aucun intérêt en photographie artistique. Je peux la concevoir en photographie illustrative car elle peut montrer un comportement. Mais la photographie en plongée écrase le sujet. Vous perdez la notion de volume et de taille.

Pour photographier les animaux terrestres, en fonction de la taille des animaux, arrangez-vous pour trouver la meilleure position. Pour des singes comme des geladas ou vervets bleus par exemple, essayez de toujours être couché ou assis. Il est certain que dans la nature ce n’est pas toujours ragoûtant car vous allez vous traîner dans les excréments à longueur de journée mais les résultats sont absolument extraordinaires.

Si photographiez des mammifères depuis un affût, la hauteur de votre siège dépend de la taille des animaux. En Afrique, par exemple, ne photographiez jamais depuis le toit du 4x4 : uniquement depuis les fenêtres.

Pour la photographie des oiseaux des zones humides, n’utilisez que des affûts flottants pour photographier.

C’est le seul moyen pour créer des photographies avec un regard fort outre le fait qu’il vous permet aussi de vous approcher au plus des animaux.

Photographier un animal terrestre ou sous-marin à la hauteur des yeux permet de contextualiser l’animal dans son environnement. Vous pouvez ainsi montrer son univers depuis son point de vue et pas uniquement depuis le vôtre.

Dans la mesure du possible essayez de toujours vous mettre à la hauteur de l’animal. Evitez autant que possible la photographie en plongée.

Faire la mise au point sur les yeux

Il est certain qu’en photographie animalière, les yeux constituent les éléments prépondérants à mettre en valeur. Ce sont eux qui vont déterminer l’intensité et l’impact de votre photographie.

C’est pour cette raison qu’il est absolument nécessaire de faire la mise au point de votre appareil photo doit être faite sur les yeux. Si les yeux sont flous ou ne sont pas tout à fait nets, la photographie est ratée. En effet, le spectateur ne pourra pas entrer en connexion avec le centre d’intérêt principal de la photo.

Bien sûr, cette règle ne s’applique pas dans le cas d’une photographie qui utilise la technique créative du filé. Par exemple, un troupeau de buffles photographié en filé au moment du crossing de la rivière Mara, donnera un effet irréel.

Comme toujours, toute règle possède ses exceptions.

Si vous photographiez un animal, le collimateur de mise au point doit dans la plupart des cas être sur les yeux.

Montrer l’éclat dans l’œil

L’éclat dans l’œil est une petite tâche de lumière blanche dans le noir de la pupille. Elle est créée par la lumière réfléchie. Cet éclat aussi petit soit-il possède un énorme impact. Il apporte la vie dans la photographie.

J’appelle souvent cette lumière « l’éclat de vie ».

Je crois que c’est aussi très culturel. Lorsque nous avons appris à regarder et à analyser des portraits peints, les peintres ont toujours ajouter cette tâche de lumière pour attirer le regard. Lorsque nous regardons un être vivant, nous la recherchons systématiquement.

Bien plus que les yeux nets, nous recherchons l’éclat de vie pour s’identifier à un être vivant.

Il n’y aucun vrai truc pour l’ajouter dans le regard d’un animal car vous ne pouvez pas changer la position du soleil ou du sujet pour des raisons évidentes. Mais quoiqu’il en soit, il faut absolument éviter d’avoir la tête d’un animal dans l’ombre si vous voulez voir cette petite lumière apparaître.

Si la lumière du jour ou du soleil est présente dans une photographie, l’éclat dans l’œil est un élément indispensable. Sinon la photo est ratée.

En post-traitement, n’hésitez pas à accentuer encore son effet pour le rendre encore plus visible.

Si vous êtes un peu curieux, essayer à l’aide d’un logiciel de développement de supprimer cette tâche de lumière. Immédiatement vous allez vous prendre compte que votre photographie n’a pas aucun impact. Vous avez des yeux noirs. Vous n’arrivez plus à vous identifier à l’être vivant photographie. Je vous assure que c’est un test à faire pour comprendre l’intérêt de l’éclat dans l’œil.

Vous devez apprendre à devenir obsédé par cet éclat de vie que lorsque vous réalisez une photographie d’un animal. Lorsque votre mon œil est fixé sur l’œilleton de l’appareil, attendez toujours le bon moment pour le détecter. C’est uniquement à ce moment que vous devez déclencher.

Quelques exemples de regards d'animaux sous-marins

Cliquez sur chaque vignette pour voir un agrandissement.

Un ou deux yeux : tout dépend de la scène

Faut-il montrer un ou les deux yeux d’un animal ? C’est une question à laquelle il n’y a pas de réponse définitive. Tout dépend de scène et du message que vous voulez transmettre.

Pour une photographie en hors champ, le fait de ne voir qu’un seul œil est parfaitement justifié. Vous allez suivre la ligne du regard qui est directrice. C’est cette ligne virtuelle qui guide la photo.

Si l’animal vous fait face, il est essentiel d’avoir les deux yeux pour créer la connexion immédiatement.

Plan serré ou plan large

Il n’y a pas de règle absolue pour le choix du plan. C’est avant tout une question de style et d’approche personnelle.

Par exemple, je photographie rarement des plans serrés car j’aime beaucoup respirer dans les photos. J’aime la liberté, le mouvement, le vent, l’espace. Les plans serrés m’enferment et me contraignent beaucoup. J’ai créé des collections sur les félins d’Afrique en plan serré mais c’était surtout à cause de l’environnement qui n’était pas adéquat.

Si vous faites le choix d’un plan serré, placer bien les yeux au milieu de la photo pour garantir un parfait équilibre des masses. L’animal doit être bien centré.

Que ce soit en photographie sous-marine ou terrestre, pour des mammifères ou des oiseaux, personnellement, je préfère les plans larges car ils me permettent de mettre en avant l’attitude de l’animal et de renforcer le message transmis dans la photo.

Tout va donc dépendre de ce que vous voulez transmettre et créer à travers votre photographie.

Lumière naturelle ou flash

L’utilisation du flash est une nécessité en photographie sous-marine. Il vous permet de facilement créer l’éclat dans l’œil et de raviver les couleurs de vos sujets.

En photographie terrestre, l’utilisation du flash est intéressante dans le cas de la photo de passereaux. En utilisant un système de Fresnel disposé devant le flash, vous pouvez facilement créer l’éclat dans l’œil. Les oiseaux sont souvent distants et la tâche de lumière est difficile à capter. En ajoutant une lumière artificielle qui va porter à 50 ou 60 mètres avec le système de Fresnel, c’est la garantie d’obtenir une photo qui aura de l’impact.

Quelques exemples de regards d'oiseaux

Cliquez sur chaque vignette pour voir un agrandissement.

Finalement

Photographier le regard des animaux est une technique extraordinaire pour réaliser des photos animalières intéressantes car elle permet au spectateur de créer un lien directement avec le sujet principal de votre cliché.

Il n’y a pas de solution miracle, ni de formule magique pour réussir des photos inspirantes car vous n’avez pas la maîtrise de la position de l’animal et de la lumière.

Il vous faut expérimenter encore et encore. En développant votre propre style et votre propre technique vous appliquerez certains de ces points.

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Amar et Isabelle Guillen. Photographes professionnels de nature.

Isabelle et Amar Guillen sont deux photographes spécialisés en photographie sous-marine, animalière et de paysages. Leur aventure photographique commence en 1987 alors qu’ils préparent tous deux un diplôme d’ingénieur en informatique. Les spectacles visuels que leur offrent à la fois les paysages somptueux qui les entourent, et la faune qui les peuplent, constituent leur éternelle source d’inspiration. Cela les a amenés à se consacrer entièrement à leur carrière professionnelle photographique afin de partager leur interprétation contemplative et artistique de la nature. Ils photographient des paysages naturels terrestres et sous-marins ainsi que les créatures qui s’y déploient, depuis ces 15 dernières années, animés par les mystères infinis que cache la nature.

Par le regard photographique qu’ils posent sur la nature, ils s’efforcent de mettre en lumière l’importance de sa conservation. Isabelle et Amar vivent et exposent entre la France et les États-Unis dont la faune, les paysages et les cultures nourrissent leurs œuvres, et ont publié plusieurs ouvrages dont « Lumières et Couleurs de la côte de la Charente-Maritime », « Reflets de la Haute-Saintonge », mais également « Les Secrets de la photo sous-marine ».

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