Le daim Européen en Charente-Maritime, en France

Un cervidé très difficile à photographier et d’une vivacité prodigieuse

Harde de daims européens dans une forêt du Poitou-Charentes.

Harde de daims européens dans une forêt du Poitou-Charentes.

Nous avons appris par hasard que le daim européen (nom scientifique : Dama dama) avait été réintroduit dans quelques domaines privés naturels de la région Charente-Maritime. Habituellement, le daim se rencontre en France dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin, de l’Essonne, de la Loire et de L’Indre. Comme nous étions dans la région, nous avons profité de cette aubaine pour réaliser quelques photographies animalières.

Les premières tentatives photo furent très difficiles

Lors de nos premières tentatives de prises de vues, nous avons voulu appliquer les mêmes techniques que pour les cerfs, les biches et les sangliers. Ce ne fut pas une très bonne idée. Nous ne connaissions pas l’espèce car nous n’avions pas eu l’occasion d’aller dans l’est de la France. Au bout de deux jours de traque, il a fallu nous rendre à l’évidence : il fallait apprendre les habitudes de ces animaux pour les approcher sinon nous n’allions pas réaliser de bonnes photos.

Nous étions dans un domaine fermé de plusieurs centaines d’hectares mais les animaux y vivent comme dans un milieu naturel. Ils ne sont pas nourris. Ils doivent se débrouiller par eux-mêmes. Ils ont conservé leur instinct naturel et se montrent très méfiants vis-à-vis de l’homme.

Nous avons contacté un chasseur à l’arc spécialisé dans le prélèvement de daims en milieu naturel. Durant toutes ces années de photographie, nous avons compris que les chasseurs à l’arc et les photographes avaient exactement la même problématique. Pendant une journée, il nous a expliqué les habitudes de vie des daims, les techniques d’affût et d’approche.

Un mammifère cervidé herbivore avec des couleurs variées

Les daims mâles mesurent de 1,3 à 1,5 mètre de longueur avec une hauteur de garrot de 0,8 à 1 mètre pour un poids moyen de 65 kg. Les daims femelles appelées daines sont plus petites avec une longueur maximale de 1,3 m, une hauteur de maximale de 0,9 m pour un poids moyen de 35 kg.

Même si dans l’imaginaire collectif, la robe du daim est fauve-roussâtre tachetée de blanc, certains daims sont tout noirs ou tout blancs.

Seul le mâle porte des bois plats appelés palmures dont le poids peut atteindre 7kg. Ils tombent annuellement durant les mois d’avril et de mai. Les jeunes daims sont appelés faons ; le jeune mâle portant des bois en pointe est appelé daguet.

Le daim a un régime alimentaire essentiellement herbivore : herbes, feuilles, glands, fruits, baies, châtaignes, bourgeons.

Harde de daims européens dans une forêt du Poitou-Charentes.

Harde de daims européens dans une forêt du Poitou-Charentes.

Harde de daims européens dans une forêt du Poitou-Charentes.

Harde de daims européens dans une forêt du Poitou-Charentes.

Un animal aux qualités physiques exceptionnelles

La première technique que nous avons employée pour réaliser des photos fut celle de l’approche. Nous repérions un groupe de daims aux jumelles puis nous effectuions notre approche en tenant compte du sens du vent et du soleil.

Nous avions vite compris que les mâles vivaient en petits groupes séparés des groupes des femelles. Nous avions aussi repéré les femelles avec les faons en train de paître paisiblement dans les prairies.

Au départ de notre projet, nous n’avions pas perçu les qualités naturelles de ces cervidés. Les daims possèdent une acuité visuelle, un odorat et une vue diurne exceptionnelle. Lors de nos premières approches, le moindre crissement de brindilles à 100 mètres et c’est toute la harde qui se mettait à s’enfuir en bondissant. Nous avons été surpris par l’intensité des bonds qui peuvent atteindre 2 mètres de hauteur et 6 mètres de longueur. Les vitesses de pointe étaient aussi stupéfiantes. Nous avons appris qu’elles pouvaient atteindre 70 km/h avec des moyennes de 50 km/h sur des sprints.

Un animal aux sens naturels très aiguisés

Lors de nos premiers essais, comme, la technique de l’approche telle que nous la pratiquions avec les autres cervidés européens était impossible. Nous avons alors décidé de pratiquer la technique de l’affût. Nous avons aussi remarqué que le daim est un animal très méfiant vis-à-vis de l’homme.

Tout élément non naturel dans son environnement est potentiellement un danger pour lui. Lorsque nous avons établi nos premiers affûts, les daims s’éloignaient systématiquement car quelque chose de différent était apparu depuis la veille. Nous étions pourtant très bien camouflés et quasiment invisible mais l’élément étrange était le devant de notre objectif. Nous étions pourtant bien avec le soleil dans le dos pour éviter toute réflexion de la lumière, notre objectif constituait un élément incongru dans son environnement habituel.

Une daine et son faon dans une forêt du Poitou-Charentes.

Une daine et son faon dans une forêt du Poitou-Charentes.

Un daim dans une prairie bordant une forêt du Poitou-Charentes.

Un daim dans une prairie bordant une forêt du Poitou-Charentes.

La photographie de daim est un véritable challenge en milieu naturel

Le daim est présent dans de nombreux domaines ou châteaux car c’est un très bel animal, très « décoratif » et surtout très sociable. Même s’il n’est pas apprivoisé, il peut très bien vivre près des maisons dans les prairies. Il reste quand même très méfiant mais il est possible de l’approcher.

Mais en milieu naturel, l’espèce adopte un tout autre comportement. Dans une harde, il y a toujours une daine qui est l’affût du moindre bruit ou du moindre mouvement inhabituel. Elle lance alors un grognement. Elle choisit le chemin par lequel il faut s’enfuir et toute la harde la suit.

Pour réaliser nos photographies, nous n’avons pour l’instant employé que la technique de l’affût camouflé. Les hardes se déplacent dans les prairies pour paître. Après quelques jours, nous avons fini par comprendre les chemins empruntés. Grâce aux conseils du chasseur à l’arc, nous avons réussi à placer nos affûts de manière à se confondre avec le milieu naturel sans éveiller l’attention. Les hardes de daims n’utilisent les zones boisées que pour se protéger d’un éventuel danger.

En ce qui concerne l’approche, nous avons réussi à réaliser plusieurs photographies mais les animaux étaient couchés dans l’herbe en train de ruminer. C’est le moment plus favorable pour cette technique même si elle est difficile. En effet, le moindre bruit suspect et le guetteur annonce la fuite au groupe.

Harde de daims européens dans une forêt du Poitou-Charentes.

Harde de daims européens dans une forêt du Poitou-Charentes.

Notre plus beau souvenir : un mâle à l’affût

Notre plus beau souvenir est sans aucun doute ce magnifique mâle que nous avons photographié à moins de 25 mètres. D’une part, nous étions très fiers car ils ne nous avaient pas repérés ; d’autre part, il était magnifique sous une belle lumière matinale qui mettait son pelage en valeur.

Nous avions repéré une grande clairière où des hardes de mâles avaient l’habitude de venir ruminer. Nous sommes arrivés très tôt à travers les bois pour éviter d’être vus. Nous attendions depuis 2 heures quand nous avons vue arriver sur notre gauche ce daim qui marchait nonchalamment. Il était hors de question de diriger notre objectif vers lui. Ce simple mouvement l’aurait immédiatement alerté.

Nous avons attendu tranquillement qu’il vienne se positionner de lui-même devant nous. Nous étions très excités. Notre cœur battait la chamade comme pour notre premier cerf. Nous respirions doucement. Il broutait paisiblement en levant la tête de temps en temps pour surveiller les alentours. Nous étions rivés à nos viseurs attendant le bon moment pour déclencher. Lorsque nous avons commencé à prendre les photos, il a relevé la tête en se demandant quel pouvait être ce crépitement anormal. Malgré les moufles anti bruit, les appareils émettent un son qui est bien perceptible par ces animaux aux sens aiguisés.

Il est resté trente secondes à regarder notre affût en se demandant ce qu’il devait faire. Finalement, après trois bonds et un sprint, il est hors de notre vue.

Mais nous avions l’essentiel : un beau portrait d’un mâle.

Un daim dans une clairière dans une forêt du Poitou-Charentes.

Un daim dans une clairière dans une forêt du Poitou-Charentes.

Le daim européen, une proie de choix pour les chasseurs d’images

Finalement, nous avons appris à aimer ce cervidé hors norme. Il est devenu rare. Il y a peu d’endroits où il peut être photographie à l’état naturel. Mais il possède une beauté et une grâce exceptionnelle qui en font une proie de choix pour les photographes animaliers. C’est un animal intelligent, vif, rapide. Il faut bien le connaître pour réaliser de bons clichés qu’il soit statique ou en mouvement.

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