Pourquoi et comment photographier le Yellowstone en hiver - 1

Vous connaissez certainement le parc national du Yellowstone dans l’état du Wyoming aux Etats-Unis. C’est un endroit extraordinaire pour la photographie de paysages ou animalière quelque soit la période de l’année. C’est aussi la plus grande caldera du monde.

Chaque année, je vais au Yellowstone pour me ressourcer et faire le plein d’énergie car c’est l’endroit idéal. Cette année, j’y suis retourné en hiver pour créer de nouvelles photographies destinées à mes collections de tirages d’art.

Une femelle antilope d'Amérique au Yellowstone en hiver.
Une femelle antilope d'Amérique au Yellowstone en hiver.

La petite histoire de ce voyage au Yellowstone

Avant de vous donner des raisons pour aller photographier le Yellowstone en hiver, je vais vous dire pourquoi je suis retourné dans cette région pour la 8ème fois.

Lors du vernissage d’une exposition consacrée au photographe David Yarrow dans une galerie d’art de Dallas au Texas, j’ai été totalement subjugué par la photographie d’un lion en action. Cette photo a la particularité d’avoir été prise en contre plongée. Sur le plan artistique, elle est tout simplement parfaite.

Elle m’a donné l’idée de photographier un animal dans la neige et en contre-plongée. Le bison m’a semblé être le mammifère adéquat car il est puissant et inspire la force à l’état pur. De plus, c’est une photo que je n’ai jamais vue malgré toutes mes recherches. Je me suis dit que ce serait sans conteste une « master piece ».

Vous pouvez me croire quand j’écris que c’est un animal puissant car je l’ai vu chargé et c’est tout simplement impressionnant.

Mais le bison est un animal qui vit dans les plaines à la recherche de nourriture. Il n’est donc pas facile à photographier en contre plongée contrairement au mouflon du canada qui gravite toujours sur des pentes escarpées.

Durant ce voyage hivernal, j’ai beaucoup parcouru le Yellowstone en raquettes pour chercher les plus belles scènes à photographier. Comme toujours, une grande photo nécessite toujours de la chance.

Par un beau matin ensoleillé avec une température agréable de -10 degrés Celsius, j’emprunte donc un chemin pour aller chercher des loups à photographier. La veille, des personnes avait aperçu une meute. Après 2 heures, de marche, je scrute l’horizon avec mes jumelles lorsque j’aperçois un groupe d’une douzaine de bisons en train de marcher sur un surplomb.

Je me dis que c’est peut-être enfin le bon jour après 4 journées sans avoir réalisé la photo que je voulais.

Je parcours environ 300 mètres lorsque je m’aperçois que les bisons veulent descendre un talus pour aller dans une prairie. Je me dépêche d’aller à leur rencontre. J’ai mon 500mm dans le sac, mais c’est une focale trop longue pour rendre compte de la masse d’un bison. Je décide de monter un 70-200mm. Cet objectif me permettra de rendre compte du volume de l’animal et de le rendre impressionnant. Après tout c’est une « master piece ». La prise de vue doit être impressionnante dans tous les sens du terme.

Le risque est grand car la règle absolue est de toujours laisser au moins une distance de 30 mètres entre un bison et vous. Si je reste à plus de 30 mètres, je risque d’avoir trop d’espace négatif. Aussi beau soit-il, ce n’est pas ce que je veux faire.

Je dois donc m’approcher un peu pour que le cadrage et la composition soient parfaits.

Le bison est un animal au tempérament totalement imprévisible. Il peut charger sans aucun signe d’agressivité au préalable. Sa vitesse de démarrage est fulgurante. Quand un bison vous charge, il est toujours trop tard. Il est impossible de l’éviter. Avec ses cornes, il a la particularité de pouvoir projeter plusieurs fois un être humain sans qu’il ne retombe sur le sol. J’ai vu des vidéos : c’est impressionnant.

Je m’approche donc du talus. Les bisons ne sont pas encore en vue. Je m’allonge dans la neige pour que ma contre plongée soit la meilleure possible. Je ne peux utiliser de trépied car si je dois courir, il me gênera. Je suis à 20 mètres du haut du talus.

Même si je porte des vêtements me protégeant contre la neige et le froid, c’est assez inconfortable. Je me suis protégé derrière une souche d’arbre contre une charge éventuelle.

Les secondes passent doucement. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis en train d’attendre. Mon taux d’adrénaline est en train de grimper. Malgré le froid, j’ai des bouffées de chaleur terribles qui me montent au visage. C’est comme si je sens que quelque chose d’important va arriver.

Je réalise que je n’ai pas été très prudent car les bisons vont vouloir descendre le talus. Je serai sur leur passage. Je m’apprête à me lever pour changer de place lorsque je vois la tête d’un jeune mâle qui apparaît. Il est trop tard. Je réaliser quelques photos en rafale. Le bruit de l’appareil surprend le bison qui s’arrête dans son élan. Il ne sait pas quoi faire.

Je décide de me lever pour lui montrer que je suis là. Il me regarder et me fixe. Je réalise encore quelques photos. Mais une petite voix intérieure me dit qu’il vaut partir maintenant. Pas la peine de forcer plus la chance.

Bien sûr, j’ai oublié que je porte des raquettes. Je veux me retourner mes c’est impossible avec ces accessoires. Je tombe dans la neige et je perds mon appareil. Me voici coincé avec un bison qui me regarde, mon appareil enfoncé dans la neige et mes chevilles tordues avec mes raquettes.

Je regarde le bison qui me regarde toujours avec curiosité. Il ne fait pas preuve d’animosité mais cela ne veut rien dire. Je commence à lui parler d’une voix forte mais assurée. Je sais que c’est n’importe quoi, mais que puis-je faire d’autre pour lui intimer de ne pas descendre. J’arrive à tourner mes jambes et à utiliser mes bâtons pour me redresser. Pas facile dans un mètre de neige.

Me voici de nouveau debout. Je récupère mon appareil photo qui est couvert de neige et je repars vers le chemin. Le bison de tête n’a toujours pas bougé. Il me regarde toujours avec curiosité. Mon cœur bat la chamade. Je range mon appareil dans mon sac photo. Je me dépêche d’avancer sur le chemin. Je n’ai jamais marché aussi vite avec des raquettes aux pieds.

Finalement, après cinquante mètres d’une marche effrénée, je me retourne et je constate que le bison a commencé à descendre la butte d’un pas mal assuré. Les autres membres du groupe le suivent.

Je reprends ma marche en me disant une nouvelle fois qu’aucune photo ne vaut qu’on risque sa vie pour la réaliser. Mais à chaque fois, c’est un vœu pieu. Mais cette fois, la leçon risque de porter ses fruits.

Et la photo me direz-vous ? Eh bien, elle est exactement comme je la voulais. Ce sera une « master piece ».

La photographie animalière

En hiver, vous pouvez photographier de nombreux mammifères et de nombreux oiseaux au Yellowstone.

Le mammifère le plus commun est sans aucun doute le bison. C’est un animal qui peut peser une tonne. Il peut sembler passif et gêné par l’épaisseur de neige dans laquelle il marche. Mais ne vous y fiez pas. Nous avons eu l’occasion de voir des bisons courir dans la neige et ils sont très rapide. Pour les photographier, il faut être très prudent et rester à bonne distance.

Les bisons sont des animaux intéressants à photographier car leur pelage contraste beaucoup avec la neige blanche. De plus, les yeux sont très expressifs et les attitudes sont souvent évocatrices. C’est un animal qui évoque la puissance.

Lors de vos promenades en raquette sur les chemins enneigés, vous pouvez aussi photographier des coyotes, des mouflons du canada, des loups, des renards, des wapitis, des élans, des antilopes d’Amérique.

La faune avicole n’est pas en reste. L’oiseau le plus remarquable est le pygargue à tête blanche. Souvent, il est accroché à une branche au-dessus d’une rivière pour pêcher. On trouve aussi des cygnes, de nombreuses espèces de canards et de nombreux passereaux.

Mais personnellement, même si j’aime beaucoup les oiseaux d’eau, le Yellowstone est pour moi le paradis des mammifères.

J’adopte aussi une technique particulière pour photographier les animaux en hiver : l’affût. J’ai constaté au cours des années que les mammifères se déplacent beaucoup à la rechercher de leur nourriture. Je me déplace avec un fantôme des bois de couleur neige et je m’installe à l’orée d’un bois. C’est ainsi que j’ai pu photographier des coyotes, des mouflons du canada et des antilopes d’Amérique. C’est une technique pratique car elle permet de d’être invisible. Je ne pratique l’affût que s’il n’y a pas de vent sinon c’est impossible de rester plus de 10 minutes à cause du froid.

Cliquez sur chaque vignette pour voir un agrandissement.

Une ambiance particulière à cause de la neige et du froid

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