Trois techniques pour photographier le brame du cerf

La photographie animalière est l'une de vos passions.

Chaque année, vous avez certainement envie d’aller photographier le brame du cerf. Vous avez raison. C’est un événement exceptionnel. Même si vous avez entendu bramer des cerfs dans des forêts ou des bois, vous allez ou vous avez vite constaté qu’il n’est pas facile de les trouver pour les photographier en milieu naturel.

Dans cet article, je vais vous expliquer 3 techniques que j’utilise chaque année sur le terrain pour réaliser des photos intéressantes du brame du cerf.

Un cerf élpahe en bois sec dans le brouillard pendant le brame du cerf.
Un cerf élpahe en bois sec dans le brouillard pendant le brame du cerf.

Le brame du cerf : un comportement animalier à immortaliser

De la mi-septembre à la fin octobre, les cerfs élaphes brament en France. Ces cris ou ces chants qui sont modulés en fonction de différentes situations.

Il existe 5 brames différents :

  • Le brame de présence est court et bref. Le cerf l'utilise pour signaler sa présence.
  • Le brame de langueur. C'est un cri mélancolique qui indique que le cerf n'a pas trouvé de biches pour assouvir son instinct.
  • Le brame de défi. C'est un cri puissant que le cerf pousse quand il veut se jauger à un autre cerf.
  • Le brame de poursuite. C'est un ensemble de cris légers qu'émet le cerf quand il poursuit une biche pour s'accoupler.
  • Le brame de triomphe. C'est le cri poussé par le vainqueur d'un combat.

De la mi-septembre à la fin octobre, les cerfs élaphes brament en France. Ces cris ou ces chants qui sont modulés en fonction de différentes situations.

La saison du brame marque la saison des amours chez les cerfs élaphes.

Les vieux mâles reconstituent des hardes de biches. On peut dénombrer jusque 30 femelles. Les jeunes cerfs essayent de se constituer une harde en défiant les anciens.

C'est l'occasion de photographier des combats terribles durant lesquels les cerfs peuvent rester coincés et mourir d'épuisement. Les cerfs sont tellement excités qu'ils labourent les prairies avec leurs andouillers.

Ils maigrissent énormément. Ils deviennent faibles. C'est l'occasion dont profitent les jeunes cerfs pour essayer de conquérir des biches.

La billebaude : une technique possible pour le brame du cerf

La première technique possible pour photographier le brame du cerf est la billebaude.

Ce terme issu du langage des chasseurs indique que vous n’optez pas pour une stratégie particulière.

La billebaude consiste à vous déplacer dans la nature à la recherche des sujets qui se présentent.

Je vous recommande d’utiliser cette technique avec un objectif léger du type 300mm ou alors un zoom de type 200-500mm. Les focales fixes plus longues sont difficiles à tenir à main levée sans bouger.

En billebaude, le trépied est difficile à utiliser car pendant qu’on le met en place, l’animal a bien souvent disparu au moment de la prise de la photo.

Pour le brame du cerf, c’est une technique que je vous recommande. Cependant, prenez bien garde à progresser en silence que ce soit sur les chemins ou en forêts.

En effet, à l’automne les feuilles sèchent ont tendance à crisser sous vos pas créant ce que nous appelons ‘l’effet chips’ par analogie avec les chips alimentaires qui croquent lorsque nous les mangeons. Les animaux qui ont l’oreille très fine seront alertés par vos pas alors que vous ne les aurez pas encore repérés.

Billebauder possède un inconvénient majeur pour les animaux sauvages. Ils sont perturbés par l’apparition des êtres humains et sont dérangés.

Pour eux, vous êtes des prédateurs et vous représentez un danger. Quand des biches ont des faons ou des laies ont des marcassins, les animaux fuient toujours quand ils sont en situation de stress.

Le meilleur moment pour billebauder au moment du brame du cerf ou même du daim est lorsqu’il a plu. Les feuilles et les chemins sont humides. Le bruit de vos pas va devenir sourds. La progression est alors très facile.

La progression à la billebaude doit toujours être faite de manière raisonnée et calme sans avoir des attitudes pouvant engendrer des fuites éperdues et anarchiques.

L’approche : une technique physique mais souvent payante

La technique de l’approche consiste à vous faire le plus bas possible pour approcher un animal que vous avez repéré.

L’approche peut se faire :

  • En marchant accroupi.
  • En marchant à quatre pattes.
  • En rampant.

L’animal a été repéré de loin. La progression doit se faire avec un bon vent. Une bonne position du soleil est un plus.

L’approche nécessite beaucoup d’entrainement et de savoir-faire car vous devez doit être invisible et surtout très silencieux. En effet, l’animal a été repéré de très loin. Vous devez vous approcher au plus près pour réaliser soit un gros plan soit le cadrage recherché.

L’approche peut se faire soit en forêt soit en prairie. Mais le moindre bruit alertera l’animal qui s’enfuira immédiatement. C’est une technique que je vous recommande pour photographier les sangliers car leur vue de loin est assez faible. Si vous êtes adroit et silencieux, vous pouvez ainsi vous approcher à quelques mètres.

Le principal problème de l’approche pour vous sera certainement de savoir évaluer où vous devez vous arrêter.

En effet, une fois que le trépied sera mis en place avec l’appareil photo, il aura la possibilité de réaliser quelques photos mais l’animal s’enfuira rapidement dès qu’il sera alerté par le bruit des premiers déclenchements.

Même si l’approche est difficile et contraignante physiquement, elle reste la technique la mieux adaptée pour choisir de bons cadrages. Vous pouvez choisir la distance à laquelle vous voulez photographier l’animal.

Pour le brame du cerf, c’est une technique que j’utilise beaucoup car en l’absence d’une biche guetteuse, les cerfs solitaires sont tellement absorbés par leurs brames qu’ils ne sont pas trop attentifs à moi lorsque je m’approche au ras du sol.

Cliquez sur chaque vignette pour voir un agrandissement.

L’affût : une technique plus reposante mais parfois délicate

La troisième technique possible pour photographier le brame du cerf est celle de l’affût.

Vous choisissez alors le bon endroit pour vous poster. Essayez de trouver un endroit de passage. Prenez bien soin de déterminer les éléments que vous allez intégrer dans la scène. Soyez bien vigilant au choix et à la direction de la lumière.

La mise en place d’un affût ne s’improvise pas. Lorsque je me prépare un affût, je le choisis toujours avec beaucoup de soin. Il doit aussi être très confortable car souvent je vais y passer des heures en attendant que les animaux se présentent.

Un affût doit vous rendre invisible aux yeux des animaux.

Souvent, ils seront suffisamment perturbés par le bruit des appareils et par la lentille frontale de l’objectif qui fait des reflets.

Il ne faut surtout pas qu’ils détectent une présence humaine. Pour réaliser un affût, vous pouvez utiliser un l’affût artificiel (une tente par exemple). Vous pouvez aussi réaliser un affût naturel avec des branchages et des feuilles de fougères par exemple.

L’avantage de l’affût est qu’il n’est pas fatiguant physiquement. Il vous suffit d’attendre que l’animal arrive dans la scène que nous avons choisie.

Vous devez doit faire preuve de patience et d’abnégation.

J’aime beaucoup photographier à partir d’un affût car c’est souvent le moyen de profiter de la beauté de la nature environnante et de réfléchir. Ce sont souvent dans ces moments de communion avec mon environnement que j’ai eu les meilleures idées.

L’inconvénient majeur de l’affût est qu’on ne peut pas choisir la distance entre l’objectif et le sujet. Seul l’animal qui se déplace va décider de sa position.

Parfois, j’ai pesté car il était trop près ou alors trop loin. Mais avec l’expérience, j’ai appris à bien me positionner. Par exemple, il suffit de regarder les traces sur le sol ou les excréments. Ce sont des indicateurs importants pour comprendre le mouvement des animaux.

L’affût peut aussi être pratiqué entre deux approches. C’est un moyen de se reposer deux heures après des marches ou des rampés difficiles.

La connaissance du terrain, des animaux et la patience sont les atouts du photographe

Vous ne devez jamais oublier que la connaissance du terrain, la connaissance des habitudes des animaux et beaucoup de patience sont ses principaux atouts.

Finalement

J’espère que ces trois techniques pour réaliser des photos intéressantes de cerfs en train de bramer vous donneront des idées sur le terrain. Elles nécessitent de l’entrainement. Elles possèdent leurs avantages et leurs inconvénients. Mais elles restent des techniques.

La photographie animalière européenne est un domaine complexe et difficile mais les récompenses seront à la hauteur des efforts accomplis.

 

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