Trois techniques pour photographier le brame du cerf

Le brame du cerf : un comportement animalier à immortaliser

Le brame du cerf constitue certainement l’un des plus beaux comportements animaliers européens à immortaliser pour des photographes. Même si nous avons tous entendus bramer dans les forêts, réaliser une belle photo demeure toujours difficile en milieu naturel. Différentes techniques sont possibles. Elles nécessitent toutes un peu d’entrainement et de savoir-faire mais elles sont souvent payantes.

Un cerf photographié dans la brume à partir d'un affût naturel dans un sous-bois

Un cerf photographié dans la brume à partir d'un affût naturel dans un sous-bois.

La billebaude : une technique possible pour le brame du cerf

La première technique possible pour photographier le brame du cerf est la billebaude. Ce terme issu du langage des chasseurs indique que les photographes n’ont pas de stratégie particulière. Ils se déplacent dans la nature à la recherche des sujets qui se présentent. Personnellement, c’est une technique que j’utilise avec un objectif léger du type 300mm. Les focales plus longues sont difficiles à tenir à main levée sans bouger. En billebaude, le trépied est difficile à utiliser car pendant qu’on le met en place, l’animal a bien souvent disparu au moment de la prise de la photo.

Pour le brame du cerf, c’est une technique que nous utilisons mais nous prenons bien garder à progresser en silence que ce soit sur les chemins ou en forêts. En effet, à l’automne les feuilles sèchent ont tendance à crisser sous nos pas créant ce que nous appelons ‘l’effet chips’ par analogie avec les chips alimentaires qui croquent lorsque nous les mangeons. Les animaux qui ont l’oreille très fine sont alertés par nos pas alors que nous ne les avons pas encore repérés.

Billebauder possède un inconvénient majeur pour les animaux sauvages. Ils sont perturbés par l’apparition des êtres humains et sont dérangés. Pour eux, nous sommes des prédateurs et nous représentons un danger. Quand des biches ont des faons ou des laies ont des marcassins, nous créons toujours des situations de stress car les animaux doivent fuir. La progression a la billebaude doit toujours être faite de manière raisonnée et calme sans avoir des attitudes pouvant engendrer des fuites éperdues et anarchiques.

Le meilleur moment pour billebauder au moment du brame du cerf ou même du daim est lorsqu’il a plu. Les feuilles et les chemins sont humides. Le bruit de nos pas devient sourd. La progression est alors très facile.

Un cerf en train de bramer photographié dans une prairie au détour d'un bois lors d'une billebaude

Un cerf en train de bramer photographié dans une prairie au détour d'un bois lors d'une billebaude.

L’approche : une technique physique mais souvent payante

La technique de l’approche consiste à se faire le plus bas possible pour approcher un animal que nous avons repéré. Elle peut se faire en marchant accroupi, en marchant à quatre pattes ou encore en rampant. L’animal a été repéré de loin. La progression doit se faire avec un bon vent. Une bonne position du soleil est un plus.

L’approche nécessite beaucoup d’entrainement et de savoir-faire car le photographe doit être invisible et surtout très silencieux. En effet, l’animal a été repéré de très loin et on doit s’approcher au plus près pour réaliser soit un gros plan soit le cadrage recherché. L’approche peut se faire soit en forêt soit en prairie. Mais le moindre bruit alertera l’animal qui s’enfuira immédiatement. Nous utilisons beaucoup cette technique pour photographier les sangliers car leur vue de loin est assez faible. Nous pouvons ainsi nous approcher à quelques mètres.

Le principal problème de l’approche pour le photographe est de savoir évaluer où il faut s’arrêter. En effet, une fois que le trépied sera mis en place avec l’appareil photo, il aura la possibilité de réaliser quelques photos mais l’animal s’enfuira rapidement dès qu’il sera alerté par le bruit des premiers déclenchements.

Même si elle est difficile est contraignante physiquement, elle reste la technique la mieux adaptée pour choisir de bons cadrages car on choisit la distance à laquelle on veut photographier l’animal.

Pour le brame du cerf, c’est une technique que nous utilisons beaucoup car en l’absence d’une biche guetteuse, les cerfs solitaires sont tellement absorbés par leurs brames qu’ils sont pas trop attentifs au photographe qui s’approche au ras du sol.

Un cerf photographié au moment du brame après une approche rampante dans une prairie

Un cerf photographié au moment du brame après une approche rampante dans une prairie.

L’affût : une technique plus reposante mais parfois délicate

La troisième technique possible pour photographier le brame du cerf est celle de l’affût. Le photographe choisit le bon endroit en sachant déterminer un endroit de passage, les éléments qu’il va intégrer dans la scène et les bonnes lumières. La mise en place d’un affût ne s’improvise pas. Dans notre cas, nous les choisissons toujours avec beaucoup de soin. Il doit aussi être très confortable car souvent nous y passons des heures en attendant que les sujets se présentent.

Un affût doit  nous rendre invisible aux yeux des animaux. Souvent, ils seront suffisamment perturbés par le bruit des appareils et par la lentille frontale de l’objectif qui fait des reflets. Il ne faut surtout pas qu’ils détectent une présence humaine. Les mises en place sont nombreuses en allant de l’affût artificiel (en tente par exemple), à l’affût naturel créé avec des branchages et des feuilles de fougères par exemple.

L’avantage de l’affût est qu’il n’est pas fatiguant physiquement car il suffit d’attendre que le sujet arrive dans la scène que nous avons choisie. Le photographe doit faire preuve de patience et d’abnégation. Nous aimons beaucoup photographier à partir d’un affût car c’est souvent le moyen de profiter de la beauté de la nature environnante et de réfléchir. Ce sont souvent dans ces moments de communion avec notre environnement que nous avons trouvé les meilleures idées.

L’inconvénient majeur de l’affût est qu’on ne peut pas choisir la distance entre l’objectif et le sujet. Seul l’animal qui se déplace va décider de sa position. Parfois, nous avons pesté car il était trop près ou alors trop loin. Mais avec l’expérience, nous avons appris à bien nous positionner. Par exemple, il suffit de regarder les traces sur le sol ou les excréments. Ce sont des indicateurs importants pour comprendre le mouvement des animaux.

L’affût peut aussi être pratiqué entre deux approches physiques. C’est un moyen de se reposer deux heures avec des marches ou des rampés difficiles.

La connaissance du terrain, des animaux et la patience sont les atouts du photographe

Ces trois techniques, la billebaude, l’approche et l’affût sont des techniques à pratiquer pour réaliser des photos de cerfs en train de bramer. Elles nécessitent de l’entrainement. Elles possèdent leurs avantages et leurs inconvénients. Mais elles restent des techniques.

Le photographe ne doit jamais oublier que la connaissance du terrain, la connaissance des habitudes des animaux et beaucoup de patience sont ses principaux atouts. La photographie animalière européenne est un domaine complexe et difficile mais les récompenses sont à la hauteur des  efforts accomplis.

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