Article publié le jeudi 30 janvier 2014. Écrit par

L'art de montrer la beauté du monde sous-marin (1ère partie)

Depuis l’arrivée de la technologie numérique dans la photographie grand public en 2002, l’appareil photo est devenu un accessoire incontournable pour la plupart des plongées loisir. Il fait quasiment partie intégrante de l’équipement de plongée. En tant que photographes professionnels sous-marins, nous avons choisi de vous livrer quelques secrets ou quelques recettes pour réussir de belles photos sous-marines.

Une gobie sur un corail dur en Mer Rouge en Egypte. Une gobie sur un corail dur en Mer Rouge en Egypte.

Le principe de base : savoir plonger

Savoir équiper un bloc, respirer sur un détendeur ou connaître toutes les consignes de sécurité en plongée ne sont pas des atouts suffisants pour réussir une photo sous-marine. Un plongeur photographe doit savoir parfaitement s’équilibrer non seulement avec son gilet de stabilisation mais aussi avec la technique du poumon ballast. Cette dernière permet d’ajuster parfois de quelques centimètres la distance de mise au point.

Savoir parfaitement maitriser son équilibre sous l’eau permet non seulement de ne pas abîmer les fonds marins et mais aussi ne pas déranger les animaux que l’on photographie. Lorsque l’on utilise la lumière artificielle (flash) nous ne sommes qu’à quelques centimètres des sujets. Mieux vaut éviter de s’écraser sur du corail ou une gorgone.

Une parfaite maitrise de son équilibre permet aussi de réaliser des photos nettes. Le bougé du plongeur provoque souvent des photos floues. Une photo peut être ratée même à cause d’une légère respiration au moment du déclenchement.

L'idéal lors d'un voyage plongée, est de toujours effectuer les deux premières plongées dans 15 mètres d’eau. Les photographes peuvent passer beaucoup de temps dans l’eau pour se réadapter aux réglages mais surtout, ils peuvent reprendre les bonnes habitudes de respiration.

Connaitre parfaitement son matériel

Pour réaliser de bonnes photos sous marines, nous recommandons de bien connaitre son boitier. Même à 20 mètres de profondeur, sans parler de narcose, les jugements et les prises de décisions sont altérés. Les plongeurs ne sont plus aussi alertes que sur terre. La manipulation de toutes les commandes du boitier doit être automatique. Que ce soit le réglage de la vitesse, de l’ouverture ou de la sensibilité, tout doit être instinctif. Tous les réglages doivent être effectués sans regarder où sont les commandes où dans quel menu, ils se trouvent.

Quand on photographie un poisson, le temps de réaction doit être immédiat sinon il sera parti avant le déclenchement. Nous recommandons souvent aux photographes débutants de réaliser quelques centaines de clichés sur terre avant de partir en voyage plongée. Il n'est pas nécessaire de tout connaitre le matériel mais avoir en main son appareil et son caisson sont très utiles.

Le grand secret des photos : la lumière

L’élément essentiel pour créer une belle photographie est la maitrise de la lumière qu’elle soit naturelle ou artificielle.

On utilise la lumière naturelle pour photographier les grands animaux comme les requins baleine, les baleines, les dauphins, les cachalots ou des lamantins. Comme ils sont souvent distants de l’objectif, utiliser un flash ne sert à rien car il ne porterait pas sur les sujets. Souvent, les grands animaux évoluent près de la surface. La lumière émise par le soleil est suffisante pour réaliser de bons clichés avec des vitesses suffisamment rapides. On utilise aussi beaucoup la lumière naturelle dans les grottes quand il y a des puits de lumière. C’est le cas de nombreuses grottes en mer Rouge ou dans les Cénotes du Mexique.

Les flashs sous-marins sont utilisés comme lumière artificielle. Ce sont eux qui donnent le meilleur rendu des sujets. La lumière artificielle permet de figer le mouvement des poissons très mobiles et de montrer les couleurs naturelles des fonds marins. Pour qu’elle soit pleinement efficace, il faut aller au plus près des sujets que ce soit en photographie d’ambiance ou en gros plan. Les photographes sous-marins essaient toujours de limiter l’épaisseur d’eau. On limite ainsi l’absorption de la chaleur de la lumière par l’eau.

Qu’elle soit naturelle ou artificielle, la lumière doit être maitrisée et domptée. Si un photographe ne comprend pas comment utiliser au mieux la lumière, il ne pourra jamais créer de belles photographies sous-marines. C’est un accessoire indispensable mais qui n’est pas facile à maitriser.

La plupart des flashs utilisent la technique du TTL : c’est le boitier qui commande la puissance du flash à envoyer vers le sujet. Mais c’est bien souvent insuffisant pour réaliser de beaux clichés car le photographe ne contrôle pas du tout la puissance à émettre. L’appareil photo a été calibré et ses algorithmes de calcul sont figés. La technique TTL ne permet pas de réaliser de belles photos créatives.

Maitriser la lumière naturelle est un véritable challenge car il faut savoir utiliser le soleil et surtout bien adapter les paramètres de l’appareil photo. Suivant les conditions, il faut avoir des vitesses rapides ou lentes, il faut plus ou moins ouvrir. Il faut savoir attendre que le sujet soit bien placé pour que le modelé soit le meilleur. C’est le seul moyen de créer des clichés avec des sujets qui ont du modelé ou encore d’utiliser la lumière mixte pour les photographies d’ambiance. Ces techniques demandent un peu de temps et un peu de pratique. Lorsque les photographes ont assimilé les astuces, ils ne reconnaissent plus leurs propres photos.

A suivre dans la prochaine chronique...

Une méduse en Méditerranée au large de Monaco. Une méduse en Méditerranée au large de Monaco.
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Amar Guillen. Artiste photographe professionnel de la nature.

Amar Guillen est un artiste photographe. Ses œuvres sont spécialisées en photographie sous-marine, animalière et de paysages. Son aventure photographique commence en 1987 alors qu’il prépare un diplôme d’ingénieur en informatique. Les spectacles visuels que leur offrent à la fois les paysages somptueux qui l’entourent, et la faune qui les peuplent, constituent son éternelle source d’inspiration. Cela l’a amené à se consacrer entièrement à sa carrière professionnelle photographique afin de partager son interprétation contemplative et artistique de la nature. Il photographie des paysages naturels terrestres et sous-marins ainsi que les créatures qui s’y déploient, depuis ces 15 dernières années, animé par les mystères infinis que cache la nature.

Par le regard photographique qu’il pose sur la nature, il s’efforce de mettre en lumière l’importance de sa conservation. Amar vit et expose entre la France et les États-Unis dont la faune, les paysages et les cultures nourrissent ses œuvres, et a publié plusieurs ouvrages dont « Lumières et Couleurs de la côte de la Charente-Maritime », « Reflets de la Haute-Saintonge », mais également « Les Secrets de la photo sous-marine ».

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