L'épave du Sauerland au large des côtes de la Charente-Maritime dans l'Atlantique

Une monumentale épave allemande de la seconde guerre mondiale de plus de 150 mètres de long

Le 12 août 1944, le Sauerland, un bateau allemand, briseur de blocus est coulé à 24 milles nautiques du port de la Rochelle. Aujourd’hui, il git par 40 mètres de profondeur sur le sable. Avec ses 150 mètres de long, c’est l’une des plus grandes épaves de la côte de la Charente-Maritime.

L'épave du Sauerland au large des côtes de la Charente-Maritime dans l'Atlantique.
L'épave du Sauerland au large des côtes de la Charente-Maritime dans l'Atlantique.

Un navire marchand transformé en navire de guerre

Le Sauerland fut construit dans les chantiers de Danzig. Il était destiné à transporter des céréales. Il fut lancé en 1929. Il pouvait accueillir 24 passagers et 57 hommes d’équipage. Il était équipé de deux moteurs diesel de 5000 chevaux. Il mesurait 150 mètres de long. Sa vitesse pouvait atteindre 12 nœuds. Pendant la seconde mondiale, il est réquisitionné par la marine allemande pour être transformé en bateau brise blocus. Il est équipé de deux canons de 105mm, de 8 mitrailleuses de 37 mm et de 12 canons de 27 mm. Le 12 août 1944, il est attaqué par des avions, puis pris pour cible par des croiseurs et des destroyers. Il sera coulé par un navire polonais : l’ORP Piorun.

5 plongées sont nécessaires pour découvrir cette immense épave

L’épave est située au large des côtes de la Charente-Maritime en France à 47 kilomètres du port de la Rochelle. Les courants peuvent être assez violents. L’idéal est de plonger à l’étal de marée. C’est une plongée qui se prépare sérieusement. Par exemple, afin de d’être certain de bien descendre dessus, une bouée lestée avec une gueuse doit être mise en place.

Il est conseillé d’effectuer la descente le long du bout qui retient la gueuse car la visibilité n’excède pas 5 mètres. Avec le courant, il serait très facile de dériver et de manquer l’épave une fois arrivé au fond.

Comme souvent dans les plongées dans l’Atlantique, l’eau est verte, opaque, un peu sinistre. L’ambiance est très glauque. Pourtant, on est happé vers le fond qu’on ne voit pas. L’impatience de découvrir le monstre est très forte. La température de l’eau diminue au fur et à mesure de la descente pour atteindre 12 degrés au fond.

Une fois arrivé sur l’épave, on subit plusieurs chocs. Le premier est thermique car on est passé en une minute d’une température de 26 degrés à l’extérieur à 12 degrés. On doit gérer la profondeur : pas loin de 40 mètres. La narcose guette. Mais le plus grand choc est la surprise devant la taille du monstre d’acier. La visibilité au fond peut atteindre 25 mètres. Quelque soit l’endroit où le regard se pose, on voit d’immenses enchevêtrements de tôles.

Il vaut mieux avoir préparé la plongée et savoir quelle partie va être explorée en premier. Pour notre première plongée, nous avions décidé d’aller vers l’avant. Un coup d’œil sur le compas et nous prenons la direction du sud. Il faut surveiller le palmage et ne pas trop appuyer sur les palmes.

Nous savons que le temps est compté mais un effort trop violent pourrait rapidement provoquer un essoufflement. La température et la profondeur sont des facteurs favorisants. Nous disposons de 20 minutes pour trouver la proue et réaliser les photos. Après 3 minutes de palmage, nous arrivons devant l’épave. La proue se dresse fièrement à plus de 10 mètres au dessus du fond. Les ancres sont encore à poste. C’est impressionnant. Le temps de reprendre la respiration, la séance photo commence. Nous disposons de très peu de lumière. La mise au point n’est pas facile.

Après 8 minutes, nous décidons de remonter pour aller photographier les guindeaux et les énormes chaînes qui tiennent les ancres. Nous avons à peine terminé les photos qu’il est temps de rentrer. Nous revenons vers le bout de la gueuse pour des raisons de sécurité. Nous survolons l’épave. Nous apercevons l’un des deux moteurs. Il est énorme et en parfait état. C’est le plus gros que nous ayons jamais vu.

Pour la seconde plongée, nous irons découvrir l’arrière du Sauerland avec son canon de 105 mm qui est encore en place. Nous en profiterons pour réaliser quelques photos des immenses bancs de tacauds et de bars qui ont élu domicile sur l’épave. L’arrière n’est qu’à 30 mètres de profondeur mais le temps nous manquera une nouvelle fois. Nous nous sommes concentrés sur l’essentiel.

Au retour, nous nous ferons la réflexion qu’il faut au moins réaliser 5 plongées pour vraiment comprendre ce monstre d’acier qui git pour toujours au large des côtes de la Charente-Maritime.

L'épave du Sauerland au large des côtes de la Charente-Maritime dans l'Atlantique.
L'épave du Sauerland au large des côtes de la Charente-Maritime dans l'Atlantique.

Techniquement, l’épave est difficile à photographier

Le Sauerland est une épave difficile à photographier. D’une part elle est immense. Il faut absolument bien choisir les points de vue avant la plongée. La lumière est faible. Les sensibilités sont élevées. La mise au point automatique est difficile. Mieux vaut photographier en manuel. D’autre part le temps d’immersion est très court : 25 minutes au maximum avec du Nitrox.

Enfin, toutes les prises de vues sont possibles : du très grand angle au gros plan. Il faut savoir choisir le bon objectif et ne pas regretter son choix une fois arrivé au fond.

Une épave extraordinaire pour des plongées hors normes

Pour l’instant, nous n’avons plongé que deux fois sur le Sauerland. C’est une épave qui marque la vie d’un plongeur de par son histoire, sa taille et sa beauté. Une chose est certaine. On ne revient pas indemne de l’exploration du Sauerland.

L'épave du Sauerland au large des côtes de la Charente-Maritime dans l'Atlantique.
L'épave du Sauerland au large des côtes de la Charente-Maritime dans l'Atlantique.
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Article publié le dimanche 18 août 2013. Écrit par
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Amar Guillen. Artiste photographe professionnel de la nature.

Amar Guillen est un artiste photographe. Ses œuvres sont spécialisées en photographie sous-marine, animalière et de paysages. Son aventure photographique commence en 1987 alors qu’il prépare un diplôme d’ingénieur en informatique. Les spectacles visuels que leur offrent à la fois les paysages somptueux qui l’entourent, et la faune qui les peuplent, constituent son éternelle source d’inspiration. Cela l’a amené à se consacrer entièrement à sa carrière professionnelle photographique afin de partager son interprétation contemplative et artistique de la nature. Il photographie des paysages naturels terrestres et sous-marins ainsi que les créatures qui s’y déploient, depuis ces 15 dernières années, animé par les mystères infinis que cache la nature.

Par le regard photographique qu’il pose sur la nature, il s’efforce de mettre en lumière l’importance de sa conservation. Amar vit et expose entre la France et les États-Unis dont la faune, les paysages et les cultures nourrissent ses œuvres, et a publié plusieurs ouvrages dont « Lumières et Couleurs de la côte de la Charente-Maritime », « Reflets de la Haute-Saintonge », mais également « Les Secrets de la photo sous-marine ».

  1. Commentaires (1)

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Merci à vous pour ce beau reportage , j'ai visité la bestiole au moins une vingtaine de fois , et je peux avouer que je n'est pas tout vue , je l'ai vue sous différentes façon , dans le noir dans une eau cristaline et là on ce rend compte de la grandeur de cette épave qui est magnifiquement conservée et on ce sent humble devant ce gros mastodonte, si vous y retournés et j'en suis certains , faite lui une bise de ma part .Claude ancien Président du Club de L'ile de Ré.

Callado Claude
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