Le pays où le vent souffle librement et où les rayons du soleil ne sont jamais brisés

Nous avons entendu cette phrase dans le film « Comanche » réalisé par George Sherman  en 1956. Elle est prononcée par l’un des leaders indiens Comanche qui évoque les terres du sud-ouest des Etats-Unis et en particulier l’Arizona.

Elle signifie qu’il n’y a aucune barrière et que chacun peut respirer librement où il le souhaite. Ce sont ces quelques mots qui ont été le véritable déclencheur pour notre passion pour la nature du sud-ouest des Etats-Unis.

Le Grand Canyon dans l'Utah au coucher de soleil

Le sud du Grand Canyon photographié au coucher de soleil.

Pendant deux ans, nous avons visité le sud-est des Etats-Unis

Après notre installation aux Etats-Unis, nous avons beaucoup voyagé entre les états du Texas et de la Floride. Ils sont particulièrement intéressants pour la plongée sous-marine avec des milliers de kilomètres de côtes sauvages et des réserves marines très étendues. Pendant deux ans, nous avons sillonné les routes du sud-est des Etats-Unis à la recherche de spots de plongée que ce soit en Atlantique, dans le Golfe du Mexique ou dans les terres. En effet, la Floride possède de nombreuses grottes dans lesquelles on peut plonger.

Nous pensions que les paysages mythiques du sud-ouest des Etats-Unis étaient réservés aux touristes et aux photos de type carte postale. Dans notre quête artistique, nous étions plutôt à la recherche d’authenticité et de trésors cachés dont personne ne parle.

Durant une soirée de fin d’été, pour parfaire notre anglais, nous avions choisi de regarder un western. Il s’agissait de « Comanche » de George Sherman. Les westerns sont faciles à comprendre et les intrigues ne sont pas bien compliquées. Celui-ci ne déroge pas à la règle Des indiens Comanche revendiquent la terre d’où on veut les expulser. Ils vont se rebeller. L’un des leaders de la rébellion prononce cette phrase qui nous marquera à tout jamais « C’est un pays où le vent souffle librement et où les rayons du soleil ne sont jamais ».

Quelques semaines plus tard, nous roulions vers le nord du Grand Canyon dans le sud de l’état de l’Utah.

Le choc du Grand Canyon

Il nous est encore impossible aujourd’hui de décrire l’émotion que nous avons ressentie la première fois que nous avons admiré le Grand Canyon depuis les hauteurs du plateau du Colorado. Dans notre esprit, c’était avant tout un lieu touristique où se déversait des autobus de touristes venus faire une photo avant de repartir pour un autre point connu. Nous nous étions totalement trompés.

C’était un matin automnal. Le soleil se levait doucement à l’est. Nous étions quasiment seuls. Ce fût une véritable révélation pour nous. Pour la première fois nous avons compris ce que signifiait le mot « immensité ». Nous avons ressenti le vertige des paysages immenses. Nous étions subjugués par toutes les différentes couleurs, par les lumières qui irradiées les roches. Nous avons passé une journée assis sur un rocher et à regarder. Ce fut certainement le pique-nique le plus long que nous ayons jamais organisé.

C’est ce jour du mois d’octobre que nous avons compris pourquoi tant de grands photographes de paysages étaient venus ici au Grand Canyon pour chercher l’inspiration. Nous avons aussi compris pourquoi d’autres continuent de venir chaque année et pourquoi tant de livres ont été écrits sur ce lieu unique.

Après des années à photographier le Grand Canyon, nous avons compris qu’il y a toujours une belle photo à réaliser au Grand Canyon. Il est tellement vaste et les paysages sont tellement variés qu’il ne peut pas y avoir de fin. C’est une quête qui ne s’arrêtera jamais.

Les mesas de Monument Valley photographier en fin d'après midi

Les mesas de Monument Valley photographier en fin d'après midi.

Le Grand Canyon ne fut que le début

Ce voyage en octobre 2003 fut le début d’une véritable passion pour les beautés de la nature du sud-ouest américain.

Nous sommes allés photographier le canyon de Zion, le canyon de Bryce, la forêt pétrifiée, les canyons d’Antelop, les déserts de l’Arizona, etc. Chaque année grâce à d’autres photographes, aux articles des magazines et à tous les livres que nous achetons sur cette région, nous découvrons des trésors cachés dont nous ne soupçonnions même pas l’existence.

Certes, nous n’avons plus éprouvé cette sensation de vertige que nous avions eu au Grand Canyon mais à chaque endroit que nous visitons et que nous photographions nous éprouvons toujours le même sentiment de liberté.

Les hoodoos de Bryce Canyon au lever de soleil.

Les hoodoos de Bryce Canyon au lever de soleil.

L’esprit de liberté plane toujours sur cette région

Cet esprit de liberté semble être enfoui dans les sols sableux, dans les roches rouges de cette région. Quel que soit l’endroit où nous allons, nous pouvons toujours ressentir la même sensation de liberté. Nous pouvons nous déplacer comme bon nous semble. Nous pouvons marcher des heures sans jamais rencontrer âme qui vive. Nous pouvons choisir n’importe quel endroit pour poser nos trépieds et réaliser des photos.

Le vent souffle librement. Il n’y a pas de grandes structures architecturales ou de constructions humaines pour ralentir sa course.

On peut suivre le soleil du matin au soir sans que jamais ses rayons soient brisés par une construction ou par un obstacle.

C’est en marchant dans la nature du Texas, du Nouveau Mexique, de l’Arizona ou de la Californie que l’on mesure vraiment ce que le mot « liberté » signifie.

Une vie ne sera pas suffisante pour tout photographier

Une vie ne sera pas suffisante pour saisir toutes les nuances de la beauté des paysages du sud-ouest des Etats-Unis. Pourtant les paysages sont minéraux. Ils sont figés pour des centaines ou des milliers d’années. Mais ils sont différents quand on les regarde sous le soleil ou du soir. Ils sont habillés de lumières et de couleurs différentes quand on vient les admirer au printemps ou en automne.

Si nous devions qualifier les paysages du sud-ouest des Etats-Unis, nous dirions que « c’est une région où la nature donne tout son sens au mot liberté ».


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Article publié le lundi 14 décembre 2015. Écrit par
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Amar Guillen. Artiste photographe professionnel de la nature.

Amar Guillen est un artiste photographe. Ses œuvres sont spécialisées en photographie sous-marine, animalière et de paysages. Son aventure photographique commence en 1987 alors qu’il prépare un diplôme d’ingénieur en informatique. Les spectacles visuels que leur offrent à la fois les paysages somptueux qui l’entourent, et la faune qui les peuplent, constituent son éternelle source d’inspiration. Cela l’a amené à se consacrer entièrement à sa carrière professionnelle photographique afin de partager son interprétation contemplative et artistique de la nature. Il photographie des paysages naturels terrestres et sous-marins ainsi que les créatures qui s’y déploient, depuis ces 15 dernières années, animé par les mystères infinis que cache la nature.

Par le regard photographique qu’il pose sur la nature, il s’efforce de mettre en lumière l’importance de sa conservation. Amar vit et expose entre la France et les États-Unis dont la faune, les paysages et les cultures nourrissent ses œuvres, et a publié plusieurs ouvrages dont « Lumières et Couleurs de la côte de la Charente-Maritime », « Reflets de la Haute-Saintonge », mais également « Les Secrets de la photo sous-marine ».

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