Pourquoi et comment créer des photographies avec la neige : 1ère partie

Vous aimez photographier les paysages ou les animaux pendant l’hiver.

Pour vous elle évoque certainement le silence, le vide. Sa blancheur immaculé vous évoque aussi la pureté.

Mais peut être que la neige vous évoque aussi la souffrance et la mort à cause du froid et du gel que l’on peut ressentir.

La neige est un extraordinaire élément photographique de suggestion et d’interprétation. C’est une source de créativité intarissable.

Mais techniquement, il n’est pas toujours de bien photographier les scènes enneigées. De même les cadrages et les compositions sont plus compliquées qu’il n’y paraît au premier abord.

Je vais partager avec vous la manière dont j’aborde cet élément naturel en photographie de nature que ce soit techniquement ou artistiquement.

Photographie d'un bison dans la neige dans le nord des Etats-Unis.
Photographie d'un bison dans la neige dans le nord des Etats-Unis.

Bien gérer l’exposition

Le premier problème technique pour bien photographier les scènes enneigées est celui de l’ajustement de l’exposition.

L’appareil photo a tendance à sous-exposer l’exposition d’une scène quand il y a de la neige.

Le premier réglage à effectuer sur votre boitier est le mode d’exposition.

En général, le mode matriciel (ou évaluative chez Canon) donne de bons résultats. L’appareil effectue le calcul de l’exposition sur toute la scène.

Si vous photographiez un arbre ou un animal avec une tonalité sombre dans une scène enneigée, vous souhaitez certainement conserver des détails dans les structures, le pelage ou le plumage. Dans ce cas, je vous conseille de travailler en mode spot. Vous effectuez la mesure de la lumière sur l’animal ou le végétal. Vous la mémorisez et vous prenez la photo. La neige va apparaitre très blanche et certainement un surexposée mais l’important est de conserver les détails du centre d’intérêt principal de la scène.

Si vous photographiez en mode automatique (mode Program) ou semi-automatique (priorité vitesse ou priorité ouverture), votre appareil photo va effectuer un calcul de l’exposition en effectuant une mesure moyenne sur toute la scène. La neige va apparaître grise.

En effet, comme la neige est très lumineuse, l’appareil va vouloir sous-exposer la photographie pour ramener l’exposition à une valeur neutre. Il effectue ses calculs sur une valeur de gris moyen à 18%. C’est pour cette raison que la neige va apparaître grise et non blanche comme dans la réalité. Mon conseil est de compenser l’exposition de manière positive. Vous pouvez commencer avec +2/3, incrémenter jusque +1 ou +1.3 ou +1.7 ou 2 IL.

Je vous rappelle que l’acronyme IL signifie indice de lumination. Mais c’est uniquement utilisé en France. En anglais cet acronyme devient EV qui signifie exposure value. Le terme IL est utilisé en France mais je ne l’utilise jamais car toutes les documentations techniques la mesure d’exposition est exprimée en EV.

IL ou EV est l’unité de mesure la quantité de lumière reçue par un capteur.

En composant de manière positive votre exposition, la neige apparaîtra bien blanche. A vous d’effectuer quelques tests et de vérifier le résultat dans l’écran et avec l’histogramme pour déterminer la bonne valeur.

Si vous photographiez en mode manuel sans utiliser le mode ISO auto, je vous conseille de surexposer l’exposition avec la méthode précédente en augmentant la sensibilité pour une ouverture et une vitesse donnée.

Si vous photographiez en mode manuel en utilisant le mode ISO auto, il vous suffit de compenser positivement votre exposition en fonction de la scène. C’est l’équivalent du mode semi-automatique.

Je vous recommande de bien contrôler l’histogramme de vos photos dans l’écran de contrôle. Si votre histogramme est collé sur la partie droite c’est que votre photo est surexposée. Certains des pixels de la photo trop exposés. Votre histogramme ne doit ni n’être collé à gauche, ni n’être collé à droite. Avec des photos de neige, il sera certainement situé à droite du point médian : c’est tout à fait normal.

Pour bien exposer une scène enneigée, il suffit de surexposer la photo avec une compensation positive et de contrôler que la plus grande partie de l’histogramme soit bien à droite du point médian.

Mon conseil est qu’à la prise de vue la neige ne soit ni trop grise ni trop blanche. C’est au moment du développement avec l’ordinateur que vous fixerez les tonalités que vous souhaitez.

Je vous conseille de photographier en mode RAW car vous pourrez facilement ajuster l’exposition au moment du développement. Vous pourrez l’augmenter ou la diminuer un peu. Si vous photographiez en JPEG, vous pouvez modifier la luminosité de la photographie au moment du développement mais ce n’est pas l’exposition. Les résultats seront moins bons.

Bien gérer la balance des blancs

Le deuxième problème technique pour bien photographier les scènes enneigées est celui du réglage de la balance des blancs.

Les grandes étendues couvertes de neige ont tendance ont tendance à s’imprégner de la couleur de la lumière ambiante. Si le ciel de votre scène est très nuageux, la neige va apparaître avec une teinte bleutée.

Vous avez deux choix, soit vous réglez la balance des blancs sur le mode nuageux. Soit vous réglez manuellement la balance des blancs manuellement à l’aide d’une carte spéciale. C’est cette méthode que j’utilise.

Pour calibrer ma balance des blancs, j’utilise le système ColorChecker de la société Rite. C’est un système très pratique qui se présente sous la forme d’une petite ardoise qui se replie. Il y a une multitude de carrés de couleurs et une ardoise de couleur blanche. Pour toutes mes photos de paysage, j’utilise ce système non seulement pour bien gérer mes couleurs mais aussi fixer ma balance des blancs.

Parfois dans mes photographies avec la neige, je ne cherche pas à neutraliser totalement la teinte bleutée. En effet, le bleu est une couleur froide. Dans le cadre de la création d’une photo artistique, ce renforcement peut être salutaire.

Quoiqu’il en soit, si vous photographiez en mode RAW, vous pourrez toujours ajuster la balance des blancs de vos photos au moment du développement. Je vous rappelle qu’une photo en RAW ne possède pas d’espace colorimétrique. C’est au moment du développement qu’il est fixé. Si vous photographiez en JPEG, vous ne pourrez pas modifier la balance des blancs au moment du développement car l’espace colorimétrique est fixé par l’appareil au moment de la prise de vue. Il peut être soit sRGB, soit RGB.

Photographie d'un coyote dans la neige dans le nord des Etats-Unis.
Photographie d'un coyote dans la neige dans le nord des Etats-Unis.

Fixer une vitesse d’obturation en fonction des besoins de la scène

Le troisième et dernier problème technique qui peut survenir au moment de la prise de vues de scènes enneigées est la vitesse d’obturation lorsqu’il neige.

Pour figer des flocons de neige qui tombent je vous recommande une vitesse au moment 1/400ème de seconde. S’ils tombent de manière drue, vous pouvez augmenter la vitesse pour les figer.

Si vous voulez créer une photographie artistique en créant un filé pour flocons, je vous recommande une vitesse faible.

Il n’existe pas de valeurs fixes pour la vitesse. Tout dépend de l’effet que vous recherchez. Je vous conseille de bracketter vos compositions et vos effets au moment de la prise de vue.

Vous choisirez au moment de la sélection sur l’ordinateur, les photos qui vous conviennent.

Photographie d'un mouflon canadien dans la neige dans le nord des Etats-Unis.
Photographie d'un mouflon canadien dans la neige dans le nord des Etats-Unis.

Bien gérer son matériel sur le terrain

Qui dit neige, dit froid ! Qui dit froid, dit problèmes avec les appareils photos que ce soit avec les batteries, les objectifs.

Plusieurs problèmes apparaissent si vous voulez photographier alors qu’il fait très froid. Cet hiver, nous sommes allés créer des photos pour une collection dans le nord des Etats-Unis. Chaque jour, les températures se sont situées autour de -30 degrés Celsius.

Avec un appareil qui reste dehors pendant deux heures, les batteries s’usent très vite. Avec une batterie, nous avons l’habitude de réaliser environ 400 photos avec notre capteur de 45 méga pixels. Dans ces conditions difficiles, nous sommes arrivés en moyenne à 150 photos. Quand il fait très froid, les batteries se déchargent très rapidement.

Lors de chaque sortie, j’avais 2 batteries en réserve que je rangeais dans une poche avec des petits sacs chauffants.

Le second problème que nous rencontrons souvent c’est que les moteurs des objectifs se bloquent. L’auto focus ne fonctionne plus. La seule solution est de débrayer en mode de mise au point manuel et d’effectuer la mise au point avec la bague disponible sur l’objectif.

S’il neige, je vous conseille de mettre le pare soleil de votre objectif. Non seulement, il améliore les contrastes de vous photos, mais c’est aussi une protection lorsque la neige tombe.

Enfin, voici une autre astuce que j’utilise quand les écarts de température sont importants.

Si vous photographiez pendant plusieurs heures des scènes de nature et que vous décidez de revenir dans un endroit chaud comme une voiture, je vous conseille dans ranger votre appareil dans un sac plastique étanche pour éviter la condensation. Il faut laisser l’appareil pendant plusieurs minutes avant de le sortir du sac.

Si vous laissez la condensation s’installer sur votre boitier ou votre objectif, vous allez avoir de minuscules gouttelettes d’eau qui vont se former. Elles vont s’introduire un peu partout au risque d’abîmer l’électronique de vos équipements. Les boitiers de très haut de gamme sont tropicalisés mais les appareils d’entrée de gamme ne le sont pas. Mais quoiqu’il en soit, je ne prends jamais de risque. Lorsque je rentre dans un habitacle chauffé, je range mes boitiers dans des sacs étanches pendant 40 à 60 minutes.

Pourquoi photographier des scènes avec de la neige

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Article publié le vendredi 01 mars 2019. Écrit par
Vous avez envie de photographier des faons et des marcassins juste après leur naissance. Vous avez envie de réaliser des photos créatives.
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Amar Guillen. Artiste photographe professionnel de la nature.

Amar Guillen est un artiste photographe. Ses œuvres sont spécialisées en photographie sous-marine, animalière et de paysages. Son aventure photographique commence en 1987 alors qu’il prépare un diplôme d’ingénieur en informatique. Les spectacles visuels que leur offrent à la fois les paysages somptueux qui l’entourent, et la faune qui les peuplent, constituent son éternelle source d’inspiration. Cela l’a amené à se consacrer entièrement à sa carrière professionnelle photographique afin de partager son interprétation contemplative et artistique de la nature. Il photographie des paysages naturels terrestres et sous-marins ainsi que les créatures qui s’y déploient, depuis ces 15 dernières années, animé par les mystères infinis que cache la nature.

Par le regard photographique qu’il pose sur la nature, il s’efforce de mettre en lumière l’importance de sa conservation. Amar vit et expose entre la France et les États-Unis dont la faune, les paysages et les cultures nourrissent ses œuvres, et a publié plusieurs ouvrages dont « Lumières et Couleurs de la côte de la Charente-Maritime », « Reflets de la Haute-Saintonge », mais également « Les Secrets de la photo sous-marine ».

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