Pourquoi et comment utiliser le langage photographique – 2ème partie

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La photographie de paysages demande une très grande maîtrise pour utiliser le langage photographique (bisons dans une prairie sous un ciel nuageux).
La photographie de paysages demande une très grande maîtrise pour utiliser le langage photographique (bisons dans une prairie sous un ciel nuageux).

La photographie artistique possède deux dimensions

Les photos possèdent deux dimensions très distinctes :

  • La vision : on s’attache ici à la sociologie visuelle. On peut replacer les œuvres créées dans le temps, l’espace ou dans un milieu donné. Par exemple, lorsque les photographies créées en Dombes sont identifiables par le milieu car il est quasi unique par les espèces et les environnements. C’est une approche qui situe plus dans l’ethnographie car on identifie les scènes.
  • Le regard : on s’attache ici à la sociologie du regard. On s’attache aux effets de perception, de réception et de la production du contenu.  Le contenu lui-même n’est pas analysé. C’est l’effet produit sur le regardeur qui est intéressant.
    C’est une approche qui est plus psychanalytique car on est dans l’analyse.

En considérant ces deux dimensions, on peut facilement mettre en place un langage pour s’exprimer avec une écriture donnée.

Mais le langage photographique a la particularité d’être compris d’une multitude de façons. Chaque regardeur ca décrypter les photos proposées de manière différentes. Je rencontre cette problématique dès que je crée de nouvelles collections artistiques. Je les propose à un cercle de connaissances très proches. J’ai confiance dans leurs jugements. Elles me connaissent. Elles savent ce que j’attends d’elles. Mais les impressions ressenties sont toutes différentes. Ensuite, je propose les photos au cercle familial qui est plus réduit. Le ressenti est toujours plus figuratif. Souvent, les personnes du cercle familial prennent des précautions avant de me donner leurs commentaires. Elles connaissent mon exigence et savent que les mots utilisés sont très importants. Mais globalement, c’est toujours d’un point de vue descriptif que les jugements sont donnés. Cela ne me gêne pas tout car certains collectionneurs qui achètent mes œuvres photographiques le font uniquement sur des critères descriptifs. Ils sont plus dans le registre de la pensée que dans le registre émotionnel.

Au cours de toutes ces années, j’ai appris que le langage photographique n’est pas universel mais qu’il interpelle chaque regardeur de manière différente. L’important est le langage utilisé par le photographe. Il ne faut pas oublier que la photographie est avant aussi une discipline artistique. L’auteur sent le besoin d’exprimer des messages et des émotions. Il peut utiliser une écriture donnée et son propre langage. Le temps dira que ce langage a été décrypté correctement ou non.

Je pense que ce sont les regardeurs qui font les photographies.

Le langage photographique n’est en aucun cas scientifique. Il n’est pas comme un langage parlé ou écrit qui possède des règles bien précises. Le langage photographique est d’une part celui du photographe qui créé l’œuvre et celui du regardeur qui contemple l’œuvre. Finalement, c’est très compliqué et très complexe. Mais c’est ce qui fait la beauté de la photographie artistique. .

Le langage photographique universel n’existe pas

Avec le temps, j’ai fini par comprendre que le langage photographique universel n’existait pas. Même si on le voulait ce ne serait pas possible car il n’est pas scientifique à cause de sa dimension psychanalytique. L’auteur photographe met en place de manière symbolique dans la photo ses névroses, ses émotions ou transmet des messages. Mais ces symboles pourront être interprétés de manière différente par les regardeurs.

La construction d’une photographie fait appel au vécu du photographe. La lecture d’une photographie fait appel au vécu du regardeur.

Concrètement, cela signifie que l’auteur photographe sera en phase avec certains regardeurs car le langage utilisé sera le même. Mais il sera rejeté par les autres car le langage et l’interprétation sont totalement différents.

Est-ce important ? Je ne le pense pas. Il est impossible de faire l’unanimité dans une discipline artistique. Si un artiste choisit de faire l’unanimité en créant ses œuvres, il ne délivrera plus de messages car son activité artistique sera lissée par le bas. La médiocrité va l’emporter. C’est une règle générale quand on veut s’adresser aux masses. Les messages sont tellement différents qu’on en arrive à ne plus en délivrer réellement. C’est le règne de la platitude, de la consommation générale. On est loin de l’art qui se veut différent.

Je pense qu’il n’existe pas un langage photographique universel mais plusieurs langages. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il existe un langage par photographe mais presque. Les vrais artistes photographes possèdent ce don d’organiser harmonieusement les signes de l’écriture pour passer de véritables phrases sans qu’elles soient dites oralement.

Créer son propre langage demande un temps très long mais car il faut trouver les codes pour mettre en place tous les mots. Mais une fois que c’est trouvé, le reste n’est plus que de la pratique.

Mais comment écrire en photographie ? Quels les outils disponibles pour l’écriture photographique ? Comment la mettre en place pour développer un langage. C’est ce que je vous expliquerai dans les prochains articles de blog.


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Article publié le vendredi 05 avril 2019. Écrit par
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Amar Guillen. Artiste photographe professionnel de la nature.

Amar Guillen est un artiste photographe. Ses œuvres sont spécialisées en photographie sous-marine, animalière et de paysages. Son aventure photographique commence en 1987 alors qu’il prépare un diplôme d’ingénieur en informatique. Les spectacles visuels que leur offrent à la fois les paysages somptueux qui l’entourent, et la faune qui les peuplent, constituent son éternelle source d’inspiration. Cela l’a amené à se consacrer entièrement à sa carrière professionnelle photographique afin de partager son interprétation contemplative et artistique de la nature. Il photographie des paysages naturels terrestres et sous-marins ainsi que les créatures qui s’y déploient, depuis ces 15 dernières années, animé par les mystères infinis que cache la nature.

Par le regard photographique qu’il pose sur la nature, il s’efforce de mettre en lumière l’importance de sa conservation. Amar vit et expose entre la France et les États-Unis dont la faune, les paysages et les cultures nourrissent ses œuvres, et a publié plusieurs ouvrages dont « Lumières et Couleurs de la côte de la Charente-Maritime », « Reflets de la Haute-Saintonge », mais également « Les Secrets de la photo sous-marine ».

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