Quelques règles essentielles pour raconter une histoire avec une photo

Les paysages sont des scènes parfaites pour suggérer des émotions et un questionnement. Paysage dans le sud du Texas le long du Rio Grande.
Les paysages sont des scènes parfaites pour suggérer des émotions et un questionnement. Paysage dans le sud du Texas le long du Rio Grande.

Quelques règles essentielles pour construire une histoire photographique avec une photo

La photo qui sera réalisée ne sera pas nécessairement parfaite sur le plan technique. Elle pourrait par exemple être bruitée. Elle pourrait manquée un peu de piqué ou de netteté sur certaines parties. Une photographie peut être imparfaite à partir du moment où son impact est très fort sur le public. La technique n’est rien en comparaison du pouvoir émotionnel.

Je pense qu’une fois que toutes les règles photographiques ont été acquises, il est important de les oublier parfois pour créer un cliché original. Il est intéressant pour un photographe de créer ses propres règles à partir du moment où le cliché réalisé a de l’impact. Par exemple, je réalise souvent des photosavec des centres d’intérêts centrés. Je ne respecte pas souvent la règle des tiers.

La technique doit être au service du photographe. En aucun cas, elle ne doit guider son regard et ses émotions. Dans un premier temps, le photographe doit être ému par la scène. Puis il se sert de la technique pour transmettre sa vision de ce qu’il a en face de lui. Bien cadrer, bien composer, utiliser le noir et blanc ou la couleur et bien utiliser tous les éléments de renforcement de la lecture doivent juste aider à réaliser une photo avec un fort impact.

Les cadrages doivent être variés. Le photographe doit s’attacher à prendre la scène en vertical ou en horizontal. Ce sera pendant la phase d’editing que le cliché le plus intéressant sera retenu. Dans le feu de l’action, il n’est pas toujours facile de voir et de vérifier le meilleur cadrage à l’aide de l’œilleton ou de l’écran de contrôle. Mieux vaut assurer les prises de vues et supprimer les moins intéressantes plus tard.

Les angles de prises de vues doivent être variés. Le photographe doit utiliser la technique de la contre-plongée, de la plongée ou encore de la visée à hauteur du sujet. Par exemple en photographie animalière, les clichés avec le plus d’impact sont ceux où les yeux de l’animal sont à hauteur de l’objectif. Tout comme pour les cadrages, le meilleur cliché sera retenu au moment de l’editing sur l’ordinateur. Réaliser un angle de prise de vue en plongée implique la domination. Un angle de vue au même niveau des yeux implique l’adoption ou l’égalité.

En faisant varier les cadrages et les angles de prises de vues, on aboutit à une grande variété de clichés potentiels. C’est pour cette raison que la technique doit être instinctive. Je dis souvent aux participants à mes stages que la technique est le « troisième bras du photographe ». On s’en sert instinctivement sans s’apercevoir qu’elle est présente.

Le photographe doit varier ses compositions. Pour les occidentaux qui écrivent de la gauche vers la droite, le sens de lecture de gauche à droite induite des notions d’évasion, d’imagination ou de progression. Un sens de lecture de droite à gauche pour un occidental induit la régression, l’enfermement, l’introspection. Le photographe ne doit pas oublier que le sens de lecture provoque de manière différente la transmission de messages.

Je déconseille aux photographes de trop recourir à la technique du compositing. C'est-à-dire ajouter des éléments dans une scène pour faire plus vrai. Il faut rester dans le domaine photographique et non pas aller dans le « photographisme » qui est une autre discipline artistique.

Dans le cadre d’une photographie artistique, il est intéressant de créer un cliché avec beaucoup de poésie qui fasse rêver et travailler l’imagination. La technique du bokeh est un véritable plus dans ce cas.

Une fois sur le terrain, quel que soit l’endroit, je conseille toujours aux photographes de bien s’imprégner de l’ambiance du lieu. C’est vrai en photographie paysage, sous-marine ou animalière. La nature a ceci de particulier de toujours dégager des odeurs extraordinaires. Les lumières rasantes du matin ou du soir créent des contrastes et des lumières qui donnent aux scènes photographiées une dimension que la lumière de plein jour ne donne pas. Plus un photographe sera en fusion avec le lieu à photographier, plus ses photos seront belles car imprégnées de ce moment magique où « tout ne fait qu’un ».

S’imprégner de l’ambiance de la scène ou du lieu à photographier implique aussi le photographe doit avoir tous ses sens en alerte. La sensation émotionnelle de fusion n’est pas suffisante. Il doit aussi bien regarder, écouter, toucher, sentir tous les éléments naturels qui sont face à l’objectif.

Souvent une session photo n’est pas suffisante pour capter toutes les nuances d’une scène. Il faut preuve de persistance et revenir souvent. Dans mon cas par exemple, je reviens parfois dix fois sur le même lieu pour saisir différentes nuances de lumières. Je reviens même à des saisons différentes pour des projets photo qui durent longtemps. C’est au moment de l’editing que le choix de la meilleure photo s’effectuera.

Enfin le dernier conseil que je donne souvent et ce n’est pas le moindre, c’est qu’un photographe doit apprendre la patience pour créer des photos d’une grande puissance narrative. C’est vrai en photo animalière mais aussi en photo de paysages. La ténacité n’est pas toujours suffisante. En effet, à chaque retour sur un lieu donné, le photographe devra peut-être attendre des heures avant le premier déclenchement.

Patience et ténacité sont les deux grandes qualités des photographes qui souhaitent raconter de belles histoires photographiques.

Tous ces conseils sont essentiels pour créer une photo narrative à fort impact mais je les renforce souvent avec la technique dite du « reportage photo ».

Quoi, quand, où et pourquoi ?

 

Comment puis-je vous aider à créer des photos?