Pourquoi et comment photographier le gélada en Ethiopie

Le gélada est un singe qui vit uniquement sur les haut-plateaux de l’Ethiopie où j'ai eueu la chance de le photographier et de l’observer. C’est un animal qui est très intéressant à photographier car ses attitudes et ses expressions sont très proches de celles des êtres humains. En plus, esthétiquement parlant il est très beau avec son imposante crinière et sa poitrine rose.

J'ai passé plusieurs jours en Ethiopie pour les photographier. Je n'ai jamais ressenti une telle proximité avec un animal. C’est en photographiant un gélada que j'ai connu mon expérience la plus intense en photographie animalière.

Photographier les gélada en Ethiopie reste pour moi l'une des expériences les plus fortes dans le domaine animalier.
Photographier les gélada en Ethiopie reste pour moi l'une des expériences les plus fortes dans le domaine animalier.

Uniquement présent dans l’est de l’Afrique

Le gélada n’est observable qu’en Ethiopie. Les derniers recensements font état d’environ 50 000 individus. Il vit en altitude dans des falaises où il se cache la nuit pour échapper aux prédateurs. Il est difficile à photographier car ses lieux d’habitation sont peu commodes d’accès. Il est assez rare et plutôt craintif notamment en présence des petits.

Le gélada vit en petits groupes. Chaque groupe est composé d’un mâle, plusieurs femelles et leurs petits. J'ai pu observer des groupes de 20 à 30 individus. Le mâle a la particularité de ne pouvoir se reproduire que vers l’âge de 8 ou 10 ans.  La femelle quant à elle, est mature sexuellement à l’âge de 3 ans. Elle peut commencer à porter vers l’âge de 4 ans.

Le gélada est un singe herbivore. Pour se nourrir, il assemble des brins d’herbe dans la main avant de les porter délicatement à sa bouche. Ce geste est assez étonnant, ainsi que ses déplacements d'ailleurs. Ils sont très proches des gestes d’un être humain.

Un singe très anthropomorphique

Ce qui est frappant quand on observe des gélada, c’est la comparaison que l’on fait immédiatement avec des comportements humains. J'ai déjà évoqué la manière délicate avec laquelle ils se nourrissent. Les regards qu’ils portent quand on les photographie semblent indiquer qu’ils comprennent parfaitement ce que je faisais là.

Ce sont des regards empreints de curiosité et de surprise.

Observer la vie d’un groupe de gélada équivaut à observer une micro société humaine. Il y a un chef. C’est un grand mâle qui protège et gère la colonie. Il s’occupe de la protection des femelles qui elles-mêmes s’occupent des petits. Les tâches sont très hiérarchisées et partagées. Le mâle doit aussi combattre les courtisans qui seraient tentés de séduire les femelles. En effet, elles n’hésitent pas à quitter le groupe si elles estiment que le chef est devenu trop vieux.

Les petits gélada sont de véritables enfants et ne pensant qu’à s’amuser entre eux. Ils se chamaillent, poussent des cris et en cas de conflit, ils vont rapidement retrouver les bras réconfortants de leur mère.

J'ai été surpris par le bruit des sons émis par les gélada. J'avais l’impression d’entendre des sons humains. Les sons articulés par les animaux semblaient être un véritable langage. Pour moi, ce fut une grande surprise.

L’une de mes plus grandes rencontres animalières

L’une des plus grandes rencontres animalières s’est déroulée pendant une session photo autour d’un groupe de gélada. Ils ne sortent des escarpements que lorsque le soleil chauffe l’atmosphère. Je suis donc partis très tôt un matin avant le lever de soleil. je voulais les surprendre, gravissant les falaises.

Pendant les deux premières heures, je n'ai aperçu aucun singe. Le groupe s’était déplacé la veille. J'ai quand même décidé de continuer mes recherches.

J'ai marché sur le plateau en contemplant la vallée du Rift, à deux milles mètres en contre-bas. Cette marche a été un merveilleux moment de contemplation solitaire. Les hauts-plateaux éthiopiens invitent à la réflexion sur soi-même.

La température est passée de 10 degrés aux premières heures matinales à 25 degrés.

Soudain, au détour d’un chemin caillouteux, j'ai aperçu un mâle assis sur une pierre. Il contemplait la vallée du rift. Il ne bougeait pas. Il se contentait de regarder au loin, un bras allongé le long du corps et l’autre posé sur l’une de ses pattes. Le temps était figé. Seul une petite brise légère animait les feuilles des arbustes autour de moi. Il semblait apprécier le paysage qui s’offrait devant lui, s’interrogeant sans aucun doute sur le sens de sa vie. A ce moment précis, j'ai eu la conviction que certains animaux peuvent avoir des questionnements identiques à ceux des humains. Pour moi, il ne faisait aucun doute qu’il appréciait le spectacle qui s’offrait à ses yeux en ce petit matin de début du monde.

Sans faire de bruit et sans aucun mouvement brusque, j'ai installé mon trépieds et immortaliser cette scène. Pour rien au monde, je n'aurai voulu briser cet instant magique.

Après quelques minutes, il s’est retourné vers moi. Il m'a regardé d’un air de dire : je peux aussi penser et apprécier ce qui m’est donné.

Doucement, il s’est retourné et il est reparti en longeant la falaise.

Je suis resté pantois et silencieux pendant plusieurs minutes, après ce cadeau d'humanité contemplative.

Un bon guide est nécessaire

Observer et photographier les gélada nécessite un bon guide qui a une parfaite connaissance des lieux où les trouver. En effet, la nuit, ils vivent dans des falaises abruptes hautes de plusieurs centaines de mètres. Ces escarpements sont pour eux, la meilleure protection contre des prédateurs comme le léopard. Ces escarpements sont situés très hauts sur des plateaux qui ne sont accessibles qu’en marchant.

Ces falaises sont très longues. Seul un guide expérimenté qui a une bonne connaissance du terrain sait où le groupe a passé la nuit. Les groupes sont très mobiles et d’un jour à l’autre, ils peuvent s’être déplacés de plusieurs centaines de mètres pour trouver une nourriture plus abondante.

Lorsque je vais en Ethiopie, je faisons appel à un guide local qui connait parfaitement la région et les habitudes des singes. Lors du premier voyage, j'ai uniquement fait appel à un guide général qui s’est occupé de moi pendant tout le voyage. Il n’avait pas su trouver les gélada.

Demander votre guide pour donner de l'impact et du sens à vos photos

Demandez votre guide gratuit '50 pages de conseils pour donner de l'impact et du sens à vos photos'

Approcher tout en laissant des portes de sortie

Photographier les gélada nécessite de toujours laisser une porte de sortie pour qu’ils puissent s’échapper si un danger les guette. J'ai pu approcher de très près certains groupes sans les gêner. Mais j'ai toujours été à découvert avec mon trépied les plus bas possible. J'ai même chanté sans que cela les indispose. Mais une fois, j'ai essayé de me placer pour avoir une meilleure lumière. J'ai alors obstrué la sortie vers la falaise. Tout le groupe a disparu en quelques secondes. C’est là que j'ai compris, qu’il fallait toujours leur laisser cette fameuse porte de sortie.

D’autres groupes n’ont pas toléré ma présence. A chaque fois, il y avait des petits. Les mères sont très protectrices. La distance de sécurité est toujours d’au moins 60 à 80 mètres. Sous cette distance, elles appellent les petits qui grimpent sur leur dos. Ensuite, elles se mettent à l’abri de manière à ne pas pouvoir être suivies.

Le photographier en contre-jour

Pour photographier les gélada, le plus intéressant est d’essayer la technique du contre-jour. En effet, leurs poils très longs sont provoquent des effets irisés très artistiques. Pour obtenir un contre-jour, il faut se déplacer pour trouver la meilleure lumières. Ce n’est pas toujours facile et il ne faut surtout obstruer les portes de sortie.

Un autre point important quand on photographie les gélada, c’est de bien faire attention à l’environnement. En effet, ce sont des animaux herbivores qui mangent dans des prairies ou dans des petits arbustes. Il faut bien prendre soin de ne pas intégrer dans les scènes des éléments perturbateurs comme  des branches mortes ou des arbres en mauvais état. Ce sont des animaux tellement beaux qu’il serait dommage de les rendre disgracieux avec des éléments naturels abîmés.

La texture et l'abondance de la crinière des gélada sont à mettre en valeur en contre jour pour iriser les poils.
La texture et l'abondance de la crinière des gélada sont à mettre en valeur en contre jour pour iriser les poils.

Finalement

Photographier les gélada est une expérience unique pour un photographe animalier. Il n’est pas facile à trouver et il faut aller très loin pour l’observer. Mais avec un bon guide naturaliste, le repérage est facilité. C’est un animal tellement anthropomorphique qu’il est facile de réaliser de bons clichés mais à condition de bien savoir le moment de la journée et les bonnes lumières.

Les gélada sont des animaux avec lesquels il est facile de faire de l'antropomorphisme. Ce sont des animaux fascinants à photographier.
Les gélada sont des animaux avec lesquels il est facile de faire de l'antropomorphisme. Ce sont des animaux fascinants à photographier.
Les gélada sont des animaux avec lesquels il est facile de faire de l'antropomorphisme. Ce sont des animaux fascinants à photographier.
Les gélada sont des animaux avec lesquels il est facile de faire de l'antropomorphisme. Ce sont des animaux fascinants à photographier.
Les gélada sont des animaux avec lesquels il est facile de faire de l'antropomorphisme. Ce sont des animaux fascinants à photographier.
Les gélada sont des animaux avec lesquels il est facile de faire de l'antropomorphisme. Ce sont des animaux fascinants à photographier.
Les gélada sont des animaux avec lesquels il est facile de faire de l'antropomorphisme. Ce sont des animaux fascinants à photographier.
Les gélada sont des animaux avec lesquels il est facile de faire de l'antropomorphisme. Ce sont des animaux fascinants à photographier.

 

Comment puis-je vous aider à créer des photos?